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kumel

  • Les Lèvres rouges (Harry Kümel, 1971)

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    Entre le film d'art et le produit de série, Les Lèvres rouges ont réussi à se frayer un chemin jusqu'à profiter d'un certain culte. La présence de Delphine Seyrig y est pour beaucoup, quoique l'admirer dans ce rôle d'une comtesse Bathory préservée jusqu'au XXe siècle relève immédiatement de l'évidence. La réalisation de Kümel compte aussi. Elle n'est pas sans défauts mais ceux-ci sont compensés, rattrapés par d'autres idées, ou bien rendus acceptables. Il en va ainsi de l'interprétation inégale, par une distribution internationale, dont les hésitations et les soubresauts s'accordent finalement au thème de l'emprise irrationnelle. La possession s'effectue d'abord lors d'une scène de dialogue extrêmement troublante entre les trois personnages, autour du mythe de Bathory. C'est le point de non retour pour le couple victime. Alors qu'une première scène d'amour, ferroviaire, nous avait été offerte dès le début, ce moment achève de démontrer que l'érotisme sera ici plus original que celui de la majorité des productions équivalentes des années 70. Autre point fort du film, peut-être le plus important : sa localisation. Oostende est vidée de ses touristes et le grand hôtel dans lequel se déroule presque toute l'histoire n'accueille que ces quatre clients et le réceptionniste. Par son sens de la durée, des volumes et de la lumière (on sent vraiment que tout se passe de nuit), Kümel accède à une certaine poésie fantastique. Par l'ambiance "surréaliste belge", on est plus près du cinéma contemporain d'André Delvaux que de celui de Jess Franco, ce qui, moi, me convient très bien.