Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

  • Le Cas Richard Jewell (Clint Eastwood, 2019)

    ***

    Sans raison particulière, ces dix dernières années, j'ai moins suivi le cinéaste qu'auparavant (seulement vu les corrects La Mule et Juré n°2). A tort au moins pour ce titre-là, qui est remarquable. Le scénario (comme bien sûr l'histoire réelle) est déjà passionnant, description méthodique du broyage d'un individu "moyen" par l'administration fédérale. Assuré d'une telle base, Eastwood peut poursuivre ses réflexions sur l'héroïsme et sur la croyance dans "la loi et l'ordre" en faisant ce qu'il réussit souvent très bien, s'intéresser à l'intimité bouleversée, au quotidien chamboulé. Sa direction d'acteurs et son classicisme de réalisation font alors des merveilles pour donner vie naturellement aux personnages, pour étonner encore de gestes simples, pour suivre un rythme calme mais maîtrisé, pour toucher juste dans les mots, les regards et les attentions. Et le petit clin d’œil vers Altman ne peut que me plaire. Tout de même, il est sidérant de constater qu'aujourd'hui un film d'Eastwood apparaît plus complexe, plus contradictoire et plus humain que la réalité de la politique américaine.

  • Évanouis (Zach Cregger, 2025)

    ***

    J'ai rattrapé avec ma fille cette belle réussite horrifique de l'année qui vient de passer, où tout est réuni pour satisfaire. La réalisation est à la hauteur pour créer de la tension comme elle est attentive lorsqu'il le faut, pour l'attachement à chacun des personnages. Cregger sait manifestement varier les petits plaisirs, rehaussant par exemple son final sanglant d'étonnants effets comiques simplement à travers sa mise en scène. L'énormité de la résolution de l'énigme est acceptée progressivement, sans problème, grâce à la construction en succession de points de vue différents et habilement lacunaires. Les instants de croisement de ces points de vue permettent l'élargissement plutôt que la répétition, ce qui aboutit à une vraie vision sur une communauté. L'un des avantages du film est qu'il dresse ainsi un constat sur l'inquiétude d'une société sans pour autant plaquer un discours lourdingue. Enfin, dernière condition remplie pour la réussite, la création d'images marquantes et originales. Elles ne manquent pas, à commencer par ces courses folles d'enfants en pleine nuit. Finalement, en partant de choses assez basiques comme la sorcellerie, les cauchemars et l'enfance, Cregger donne l'impression d'un renouveau tranquille, qui plus est en se passant de tout clin d'œil ou référence directe aux modèles du genre.