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Une femme rend visite successivement à deux amies puis tombe sur une troisième connaissance. A chaque fois, une discussion s'installe, attablées en intérieur mais avec la nature en arrière plan. Puis l'apparition d'un homme finit par gâcher quelque peu le moment. C'est une charmante miniature au féminin qui en dit plus long qu'il n'y paraît. "Un monde sans homme" aurait fait un titre aussi intéressant que cette "femme qui s'est enfuie" (pouvant désigner une jeune personne dont il est brièvement question dans le premier segment autant que le personnage principal, voire toutes ses amies). Dans l'extrême simplicité de filmage de Hong Sang-soo, Kim Min-hee est assez fascinante à regarder, souvent de profil puisque dialoguant avec les autres. Au-delà de l'apparent prosaïsme des entames de conversations et de l'appréciable complicité qui s'affirme lors des trois échanges, son personnage fait le lien presque comme une journaliste mettant en valeur, via ses rencontres, plusieurs facettes de la femme coréenne vue dans le rapport aux hommes et aux maris (corrélé avec la situation sociale ou encore la question de l'habitat). Les échos d'une partie à l'autre apportent la touche ludique, les petites choses mystérieuses ne sont pas absentes et, comme souvent, la brièveté du film joue pour lui.