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Beaucoup aimé ce dernier Almodovar. C'est d'abord un très beau film de visages, comment ils sont traversés par les affects et comment ils se les communiquent. Ces visages et ces personnages me semblent admirablement disposés sur la surface de l'écran, maîtrise de l'espace particulièrement sensible dans la séquence du strip-tease. Et dans ce prolongement, il y a longtemps que je n'avais pas vu d'aussi belles scènes de conversations téléphoniques (leur tempo, leur cadrage et leurs variations, notamment dans les articulations avec ce qui les entoure directement). Quant au principe narratif, l'emboîtement me paraît d'une magnifique transparence, d'une simplicité qui fait que l'on accepte tout très bien (la chanson à l'écart de la fête qui déboule comme ça, comme les larmes qui l'accompagnent), cela bien sûr avant le petit emballement et retournement final (et le "champ-contrechamp" impossible qui est autorisé in extremis entre l'auteur et les personnages en attente, moment superbe). Peu m'importe le degré "d'autofiction" d'Almodovar là-dedans, les répliques dans la dernière partie, sans doute "vécues", m'ayant juste fait rigoler. L'important est qu'il ait réussi à la fois à faire profiter d'une intelligence d'écriture et à donner vie à des personnages émouvants quelle que soit la couche narrative sur laquelle ils évoluent.