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Dunkerque (Christopher Nolan, 2017)

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Ma fille ayant aimé, contrairement à moi, L'Odyssée, nous avons regardé le seul film de Nolan qui m'ait plu jusque-là (sur six ou sept au total). La revoyure ne m'a pas fait changer d'avis. C'est ici, à mon sens, que se justifie le mieux son proverbial triturage du temps. Les trois longueurs (une semaine autour de la plage, une journée en bateau, une heure en avion) sont égalisées par le montage (faussement) alterné pour finir au même point. L'originalité de ce traitement convient bien à l'approche chorale, en montrant tous ces hommes qui vivent le même événement mais pas sur la même durée, et il convient également pour rendre compte d'un chaos (alors que dans les autres Nolan, les lignes narratives sont inutilement compliquées). Je l'avais oublié mais le film est au taquet du début à la fin. Ce n'est pas de tout repos mais le compteur ne dépasse pas une heure trois quarts, générique compris. L'efficacité y est redoutable, "triplée" par l'enchevêtrement des récits. En quelques occasions, dans certaines séquences ou entre elles, le montage de Nolan me semble peu compréhensible, mais dans la tension perpétuelle, ça passe (beaucoup mieux que dans L'Odyssée en tout cas, où j'ai eu l'impression que quantité de plans ne raccordaient pas, pour une raison ou un autre). De même, la musique de Hans Zimmer a le bon goût de parfois se transformer en simple tic-tac. Tous les interprètes sont bons, même Branagh. Enfin, le principal mérite de Dunkerque est de n'être qu'un film d'actions : course haletante, espoir de répit ou de délivrance, fermeture d'un piège... Pas besoin de dialogues, ou si peu. Tant mieux, car dès qu'ils sont plus présents, comme forcément dans le segment du petit bateau qui mobilise trois personnages déjà liés entre eux, la lourdeur pointe son nez. Toutefois, la gravité un peu pesante est bien plus acceptable dans ce cadre historique, dans ce genre-là, dans ce laps de temps d'urgence, que dans les autres gros machins du réalisateur.

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