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Vu sur la foi du très réussi Evanouis et du bon bouche à oreille, bien que l'univers de Resident Evil, jeux ou films, me soit totalement étranger. Pas très friand du genre mais souvent, un bon film d'horreur, à travers ses figures imposées et ses buts (peur, angoisse, dégoût), donne l'assurance d'un travail sérieux sur l'espace, la lumière, les mouvements, les corps, le caché, le surgissement, bref, sur la mise en scène. Et pas d'erreur, Zack Cregger est un cinéaste. Moins original que son film précédent, celui-ci est d'abord une succession d'explorations fébriles, dans le sillage du héros, d'espaces tous plus inquiétants les uns que les autres, forêt, maison isolée, tunnel. La tension y est extrême, obtenue par l'efficacité de la réalisation et la grande photogénie de la nuit enneigée (impressionnante présence également des différentes lumières automobiles ou téléphoniques). Jusqu'à la moitié, je me suis ainsi vraiment senti sous pression. La suite offre des ouvertures et des respirations, et dans un mouvement expansif, cumulatif, plus spectaculaire, la peur tend à disparaître (on finit du côté de Colony de Yeon Sang-ho, immeuble envahi et agrégations de corps zombifiés). De la limite du film vient aussi sa qualité : la construction en avancée de jeu vidéo (qui est aussi celle du survival). Inévitable dans ce projet, le lien est conscient et même intégré via quelques remarques du personnage et, plus subtilement, l'utilisation des armes. Le tout sans se départir d'humour, parfois burlesque, et, dans les mots, un peu répétitif. Les innombrables f*ck et sh*t finissent par lasser légèrement, rendant le héros un poil trop couillon. Aventure à suivre, en tout cas, pour Cregger.