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mulligan

  • Du silence et des ombres (Robert Mulligan, 1962)

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    Déception à la découverte de ce Mulligan assez réputé et que je voulais voir depuis longtemps. C'est sans doute une facilité de le dire un peu coincé entre le Hollywood classique et le cinéma moderne mais sa mise en scène m'a paru indécise, manquant du tranchant qui aurait permis de finir sur quelque chose de plus que les bons sentiments progressistes. C'est surtout dans l'articulation des points de vue que cela pêche à mon sens, le principe étant d'adopter au maximum celui des enfants. Si cela fonctionne dans la première partie, le récit avançant à leur rythme, selon leurs jeux et apartés, la suite impose trop de contorsions scénaristiques pour les faire assister aux moments décisifs et de contorsions stylistiques quand Mulligan revient à 100% vers leur subjectivité (la crise d'angoisse nocturne du garçon sous le porche, la vision parcellaire de l'agression finale). Au centre de ces deux heures, la longue séquence de procès est vraiment sans surprise, mise à part la brutalité du jugement qui suit une belle plaidoirie de l'avocat (Gregory Peck, star du film, oscarisé pour un rôle qu'il tient effectivement très bien, largement au-dessus de la plupart de ses partenaires). En fait, c'est dans les moments simples où les deux enfants blancs se mêlent sans problème aux petits groupes de noirs que l'antiracisme sonne le plus juste. Le troisième virage du film, dernier tiers dramatique inattendu m'a rendu plus sceptique encore. Finalement, la chose la plus importante que j'ai apprise ici (n'ayant jamais lu le roman de Harper Lee), c'est l'origine du nom de l'un des meilleurs groupes noisy pop des 90's, The Boo Radleys.