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11.02.2008

Primrose Hill

(Mikhaël Hers / France / 2007)

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743fe8d3fd722beab77d92ed9eb85eb0.jpgPrimrose Hill est un moyen-métrage d'une petite heure. Quatre jeunes gens, dont on ne saisit pas tout de suite la nature des rapports, marchent dans les rues ou les parcs et parlent de tout et de rien mais beaucoup de musique. Parallèlement, une cinquième personne, qui aurait fait partie auparavant de cette petite bande, évoque l'un de ses rêves. Nous apprenons que nous suivons en fait un groupe de pop (que nous ne verrons jamais jouer). La caméra les précède dans leurs balades, filmées tout en longueur et en épousant avec fluidité les sinuosités des paysages traversés. A mi-chemin, on en quitte la moitié, pour retrouver plus loin les deux restants dans la chambre de la fille. S'ensuit une scène d'amour simple et belle, tournée d'un seul trait, sans coupe ni recadrage du début à la fin. Puis le garçon rentre seul chez lui.

De l'adolescence à l'âge adulte, Mikhaël Hers observe cet entre-deux, ce passage aux limites particulièrement floues. Surtout, plus qu'un film sur la musique, Primrose Hill est un film sur le rapport intime que chacun entretient avec elle. Notons que celle-ci n'envahit pas la bande son mais s'entend en des endroits bien précis : pour la lancée de la marche des quatre (sur la version de Karen des Go-Betweens par les très regrettés Little Rabbits), plus tard lors d'une partie de foot improvisée et enfin au moment primordial du passage à l'acte, qui doit ici absolument se faire avec la musique adéquate. Un dialogue savoureux, à trois, sur la pertinence ou non de jouer à la fois de la pop ciselée avec ce groupe et de la chanson néo-réaliste avec les "Gavroches Plutonium" nous reste d'autant plus dans la tête qu'il est accompagné d'un contrechamp silencieux sur le regard, à cet instant énigmatiquement tendre de la quatrième du groupe, assise à l'écart. Finalement, au-delà des qualités de mise en scène, ce qui nous touche peut-être le plus dans ce film, c'est simplement ce bref échange autour de ces questions : Pourquoi autant parler de musique quand on se retrouve à deux ? Et est-ce que parler d'un disque ou d'un groupe cela suffit pour parler de nous ?

Un grand merci à Joachim qui, par une très belle note plus travaillée et évocatrice que celle-ci, a informé ses lecteurs de l'existence et de la diffusion sur France 2 de ce petit bijou.

Publié dans Film | Lien permanent | Commentaires (2) | Tags : hers, france, 2000s | |  Facebook | |  Imprimer

Commentaires

Je pense que l'on se retrouve sur ce film. Je mets la dernière main à ma note pour demain. Merci à Joachim pour les liens.

Écrit par : Vincent | 12.02.2008

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