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Dossier secret (Orson Welles, 1955)

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Au début de "Dossier secret" (ou "Mr. Arkadin" ou "Confidential Report"), je me suis dit qu'à 20 ans il était normal d'être impressionné par ces cadrages bizarres, ces angles impossibles, ce montage fou-fou, ces faux-raccords volontaires, ces entassements baroques, mais qu'à le revisiter maintenant, Welles y allait quand même un peu trop à l'épate. Enfin quand même, on s'incline devant le génie à partir du moment où on le voit vraiment à l'écran, lui. Au moment où Arkadin apparaît, au moment où Welles apparaît, le récit s'élance, le film prend tout son sens (quoiqu'il repose sur un "minable secret", sur du vent, celui qui porte quelques secondes l'avion sans pilote), la forme s'impose dans toutes les larges dimensions de son auteur et se marie idéalement au fond, puissance, vitesse et don d'ubiquité. Arkadin est partout (un tour de l'Europe à en perdre haleine) et le montage est si court, les cadres si encombrés, qu'au début de certains plans, pendant une demi-seconde, on croit encore avoir affaire à lui, alors que ce n'est qu'un autre personnage ou une silhouette quelconque qui se tient à côté ou devant Van Stratten. Autre détail qui en dit long, le "jeu" de la couverture tirée par celui-ci et Zouk (redoublé juste après par celui entamé de part et d'autre d'une porte séparant les deux mêmes) : ce n'est pas qu'un élément burlesque, c'est une façon d'étirer l'espace, de le tordre, de le rendre insolite.

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