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Bloc-notes d'un réalisateur (Federico Fellini, 1969)

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Pour la chaîne de télévision NBC, Fellini accepte de tourner un documentaire sur lui-même, sur certains aspects de son travail et sur l'état de son cinéma en 1969, entre un film qu'il a dû se résoudre à abandonner (Le Voyage de G. Mastorna) et celui qu'il est en train de finaliser (Satyricon). C'est une miniature, à la fois mineure en regard de l’œuvre globale et passionnante en tant que création sur une création. Malgré le format inhabituel, l'investissement du cinéaste dans le projet est total. Pour s'en convaincre, au-delà de la prise en charge personnelle du récit et de la présence régulière à l'image, il n'y a qu'à lire le générique, qui mobilise tous ses collaborateurs favoris : Bernardo Zapponi à l'écriture, Pasquale De Santis à la caméra, Ruggero Mastroianni au montage, Nino Rota à la musique, et bien sûr Giulietta Masina et Marcello Mastroianni dans le champ. On passe du décor en ruines du film arrêté à la communication d'un médium avec les ancêtres romains, d'un sketch sur la célébrité de Mastroianni à un voyage dans le temps en métro, d'une séquence coupée des Nuits de Cabiria à un défilé de figurants dans le bureau de Fellini, etc. L'ensemble est volontairement décousu (même si quelques fils font tenir les séquences entre elles), hésitant constamment entre les langues anglaise et italienne, tenant du brouillon, comme l'indique le titre. Pour autant, il ne manque pas de moments marquants et caractéristiques comme la glaçante avancée dans un abattoir vide débouchant sur la transformation de certains employés en figurants gladiateurs. L'une des plus belles figures de style felliniennes se retrouve également : le flottement curieux et inquiet de la caméra, dans les recoins du Colisée ou les stations de métro, aimantée par une série de visages étranges. On sent Fellini prêt à passer à une narration encore plus libre à l'approche des années 70. Quant à la question du vrai et du faux, inutile de se la poser devant ce "documentaire". Au bout de 50 minutes, le générique de fin nous prend de court et nous frustre.

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