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04.07.2009

Cahiers du Cinéma vs Positif (1966)

Suite du flashback.

 

cahiers-175.jpgpositif73.JPG1966 : Dans la deuxième moitié des années 60, le soutien apporté au "Nouveau Cinéma" venant des quatre coins du monde tend à faire converger les lignes des deux revues. Elles se retrouvent notamment dans la présentation et la défense de Milos Forman, de Marco Bellocchio, de Vera Chytilova, de Dusan Makavejev, d'Andreï Kontchalovski ou de Glauber Rocha (ces cinéastes entraînant progressivement les rédacteurs des Cahiers vers la politique). Le combat contre la censure dont est victime Rivette et sa Religieuse est également commun (Positif, plus aguerri sur ce terrain-là, réagissant plus rapidement). Le temps est donc à la détente.
Les Cahiers se voient imposer, par la direction de Filipacchi, Chappaqua en couverture, un western dont ils font, à l'intérieur, une critique négative. Des dossiers sont consacrés à Welles et Kazan et un entretien avec Bresson, par Michel Delahaye et Jean-Luc Godard, est publié en mai. Le numéro de fin d'année se penche, lui, sur les "problèmes du récit cinématographique et romanesque", convoquant certains écrivains du nouveau roman.
En avril est lancée la "Semaine des Cahiers", consistant à montrer, à Paris et en province, des films défendus par la revue et peu ou pas diffusés par ailleurs (signés Bertolucci, Skolimowski, Straub, Eustache...). La formule sera renouvelée plusieurs fois et l'idée reprise par d'autres, dont Positif.
En 66, du côté de chez ceux-là, on fête Richard Lester, Busby Berkeley, Wajda, Marlene (et Sternberg) et on soutient La bataille d'Alger de Pontecorvo. Un nouveau point est fait sur le cinéma italien, de Bellocchio aux westerns. Le numéro d'été est consacré aux comiques (de Mack Sennett à Pierre Etaix), alors que le suivant offre pour la première fois la couverture à un film de Resnais.


Janvier : Quoi de neuf Pussycat ? (Clive Donner, Cahiers du Cinéma n°174) /vs/---

Février : Répulsion (Roman Polanski, C175) /vs/ Le dieu noir et le diable blond (Glauber Rocha, Positif n°73)

Mars : Fahrenheit 451 (François Truffaut, C176) /vs/ Les cendres (Andrzej Wajda, P74)

Avril : La religieuse (Jacques Rivette, C177) /vs/---

Mai : Guêpier pour trois abeilles (Jospeh L. Mankiewicz, C178) /vs/ Marlene Dietrich (P75)

Juin : Falstaff (Orson Welles, C179) /vs/ Les poings dans les poches (Marco Bellocchio, P76)

Juillet : Ligne rouge 7000 (Howard Hawks, C180) /vs/ Buster Keaton (P77-78)

Août : La poursuite impitoyable (Arthur Penn, C181) /vs/---

Septembre : Made in USA (Jean-Luc Godard, C182) /vs/---

Octobre : Chappaqua (Conrad Rooks, C183) /vs/ La guerre est finie (Alain Resnais, P79)

Novembre : Le rideau déchiré (Alfred Hitchcock, C184) /vs/---

Décembre : Mouchette (Robert Bresson, P185) /vs/ La bataille d'Alger (Gillo Pontecorvo, P80)

 

cahiers177.jpgpositif76.JPGQuitte à choisir : Les films de Welles et de Hawks m'étant inconnus, je dirai qu'une bonne moitié des couvertures Cahiers est indiscutable (Polanski, Rivette, Mankiewicz, Godard, Hitchcock, Bresson),  à côté d'un intéressant Arthur Penn et d'un mauvais Truffaut. En face, je ne peux juger ni du Rocha, ni du Wajda. Le reste est impeccable mais insuffisant, le rythme de parution souffrant toujours de quelques "trous". L'année suivante, ça changera enfin. Allez, pour 1966 : Avantage Cahiers.

 

A suivre...

Sources : Calindex & Cahiers du Cinéma

Publié dans Revue | Lien permanent | Commentaires (2) | Tags : cahiers du cinéma, positif | |  Facebook | |  Imprimer

Commentaires

Pas vu les films des "classiques" (Hawks, Welles, Hitchcock) mais j'aime énormément le Polanski, le Rivette, le Bresson, le Godard et même le Truffaut (qui n'est pas mauvais comme tu veux bien le dire)

Côté "Positif" : Resnais, Keaton, Bellocchio : Chapeau! + discutable même si je ne l'ai pas vu : Pontecorvo. Je n'ai pas vu le Rocha et le Wajda.

Avantage "Cahiers" pour moi aussi

Écrit par : Dr Orlof | 10.04.2011

Ah la la... ces préjugés (dont on connaît l'origine) sur Pontecorvo, c'est quand même terrible... :)

A mon avis, le choix n'est justement guère discutable ! D'une part, le film est un modèle du genre, tout à fait remarquable. Et d'autre part, le mettre en couverture, c'est faire preuve, en 66 d'un bel aplomb, pour ne pas dire d'un certain courage, l'œuvre (Lion d'or à Venise) étant alors purement et simplement interdite en France (jusque dans les années 70).

Écrit par : Edouard | 10.04.2011

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