Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

  • Cahiers du Cinéma vs Positif (2009)

    Suite du flashback 

     

    cahiers du cinéma,positifcahiers du cinéma,positif2009 : Les Cahiers sont repris par le groupe Phaidon et à partir de septembre la rédaction s'organise autour de Stéphane Delorme et de son adjoint Jean-Philippe Tessé. Les cinéastes rencontrés au cours de l'année sont nombreux : Kiyoshi Kurosawa, Benoît Jacquot, Patrick Mario Bernard et Pierre Trividic, Francis Ford Coppola, Johnnie To, Pedro Almodovar, Quentin Tarantino, Manoel de Oliveira, Alain Resnais, Werner Schroeter (Nuit de chien), David Fincher (L'étrange histoire de Benjamin Button), Avi Mograbi (Z32), Claude Chabrol (Bellamy), Tariq Tieguia (Inland), Marco Bellocchio (Vincere), Denis Côté (Carcasses), Luc Moullet (La terre de la folie), Raya Martin (Independencia), Alain Guiraudie (Le roi de l'évasion), Josh et Benny Safdie (Lenny and the kids), Koji Wakamatsu (United Red Army), Nobuhiro Suwa et Hippolyte Girardot (Yuki et Nina), Souleymane Cissé (Dis-moi qui tu es), Bong Joon-ho (Mother), Riad Sattouf (Les beaux gosses), Elia Suleiman (Le temps qu'il reste), Andrea Arnold (Fish Tank), Kathryn Bigelow (Démineurs), Bruno Dumont (Hadewijch). Le chant des oiseaux d'Albert Serra, Antichrist de Lars von Trier, Funny people de Judd Apatow et Max et les Maximonstres de Spike Jonze font également l'évènement selon la revue qui se penche parallèlement sur Le petit fugitif de Morris Engel, Ruth Orkin et Ray Ashley et L'enfer d'Henri-Georges Clouzot, sur Les Soprano (entretien avec David Chase) et The Wire (par Bertrand Bonello), sur John Landis, Monte Hellman, Federico Fellini, Apichatpong Weerasethakul et Jean Rouch. De même, de larges réflexions portent sur l'Action culturelle, la Nouvelle Vague (par Isabelle Huppert, Mia Hansen-Love, Resnais et Almodovar) et le cinéma en relief.
    Dans la pile de Positif, on peut lire des entretiens avec Steven Soderbergh, David Fincher, Kornel Mundruczo, John Woo, Henry Selick, Michael Mann, Jacques Audiard, Quentin Tarantino, Michael Haneke, Marco Bellocchio, Alain Resnais, Bahman Ghobadi, Nuri Bilge Ceylan (Les trois singes), Ulrich Seidl (Import Export), Paolo Sorrentino (Il Divo), Terence Davis (Of time and the city), Jeon Soo-il (La petite fille de la terre noire), Joachim Lafosse (Elève libre), Gianni Di Gregorio (Le déjeuner du 15 août), Bertrand Tavernier (Dans la brume électrique), Stephen Frears (Chéri), Atom Egoyan (Adoration), Ken Loach (Looking for Eric), Cédric Kahn (Les regrets), Claude et Nathan Miller (Je suis heureux que ma mère soit vivante), Alain Cavalier (Irène), Park Chan-wook (Thirst, ceci est mon sang...), Jean-Pierre Jeunet (Micmacs à tire-larigot), Patrice Chéreau (Persécution), Yang Ik-june (Breathless), John Hillcoat (The proposition et La route), Sidney Lumet, Dominique Blanc, Vincent Lindon, Alexandre Desplat et Nicola Piovani. Raymond Depardon parle de Jean Rouch et Alain Delon de Joseph Losey. Des textes portent sur Jacques Tati, James Whale, Shirley Clarke, Artavazd Pelechian, Pietro Germi, Theo Angelopoulos, Hiroshima mon amour d'Alain Resnais et sur le cinéma policier nordique, tandis que des dossiers sont consacrés à New York au cinéma, au nouveau cinéma belge, à Bollywood, à Cecil B. DeMille, à Clouzot, aux chansons dans le cinéma français, à la folie au cinéma, à Robert Aldrich, à Josef von Sternberg, au documentaire et au DVD.
     

    Janvier : Che (Steven Soderbergh, Cahiers du Cinéma n°641) /vs/ Che (Steven Soderbergh, Positif n°575)

    Février : Gran Torino (Clint Eastwood, C642) /vs/ L'Autre (Patrick Mario Bernard et Pierre Trividic, P576)

    Mars : La fille du RER (André Téchiné, C643) /vs/ Delta (Kornel Mundruczo, P577)

    Avril : Villa Amalia (Benoît Jacquot, C644) /vs/ Les trois royaumes (John Woo, P578)

    Mai : Vengeance (Johnnie To, C645) /vs/ Etreintes brisées (Pedro Almodovar, P579)

    Juin : Inglourious basterds (Quentin Tarantino, C646) /vs/ Coraline (Henry Selick, P580)

    Eté : Public enemies (Michael Mann, C647) /vs/ Cinéma et folie (Répulsion, Roman Polanski, P581-582)

    Septembre : Singularités d'une jeune fille blonde (Manoel de Oliveira, C648) /vs/ Un prophète (Jacques Audiard, P583)

    Octobre : Judd Apatow (C649) /vs/ Le ruban blanc (Michael Haneke, P584)

    Novembre : Alain Resnais (C650) /vs/ Les herbes folles (Alain Resnais, P585)

    Décembre : Tetro (Francis Ford Coppola, C651) /vs/ Les chats persans (Bahman Ghobadi, P586) 

     

    cahiers du cinéma,positifcahiers du cinéma,positifQuitte à choisir : Je ne vois que deux titres ayant trouvé leur place dans ma sélection de 2009 : Gran Torino et Les herbes folles. Les films de Mann et d'Audiard n'en étaient certes pas loin mais beaucoup d'autres m'ont enthousiasmé bien moins que prévu : ceux de Soderbergh, Bernard/Trividic, Mundruczo, Woo, Almodovar, Tarantino, Haneke, Coppola, Ghobadi. Les films m'ayant échappé du côté des Cahiers ne m'attirent pas outre mesure (Téchiné, Jacquot, Apatow et ce To-là), à l'exception du Oliveira. En face, je serai assez curieux de découvrir Coraline. Enfin, bien sûr, il y a Répulsion... Petite pêche, donc : Eastwood - Polanski, Mann - Audiard et Resnais - Resnais. Allez, pour 2009 : Match nul.

     

    A suivre...

    Sources : Calindex & Cahiers du Cinéma

  • Hamlet

    kozintsev,urss,histoire,60s

    ****

    FIFIH2011.jpg

    Ce n'est pas un perdreau de l'année qui réalise en 1964 cette adaptation de Shakespeare : Grigori Kozintsev va alors vers ses soixante ans et a derrière lui quarante années d'activité de cinéaste (à l'exception des cinq derniers, il cosigna avec Leonid Trauberg tous ses films dont une mémorable Nouvelle Babylone en 1929).

    Son Hamlet, qui s'étire sur près de 2h30, est tout entier soumis à des bourrasques menaçant sans cesse son équilibre. Entre la langue russe que l'on entend et l'anglais que l'on a en tête, entre le réalisme et le symbolisme soviétique, entre l'introspection et le déchaînement, entre l'appel de la mer et la claustration à la cour, entre l'académisme des monologues et la modernité des mouvements, le film est la proie d'une série de tiraillements qui le chargent finalement d'une grande énergie. Par l'entremise d'une caméra mobile enregistrant les effets du vent et de la lumière naturelle et celle d'acteurs expressifs et bondissants (Innokenti Smoktounovski est un Hamlet à l'âge indécidable et à l'explosivité gestuelle surprenante), l'adaptation est des plus vivantes, au moins autant traversée par l'action que par le texte.

    Elle donne à voir, par exemple, un combat final à l'épée alliant un beau réalisme des gestes, rendu appréciable par des plans longs et larges, et une dynamique débordant des cadres plus serrés, au fil d'un découpage remarquable de la séquence (les deux types de plans n'étant pas mélangés mais se succédant, donnant ainsi le sentiment d'une approche progressive). Plus calmes mais tout aussi enfiévrées et esthétiquement puissantes sont la séquence de l'habillage d'une Ophélie endeuillée et déjà absente (touchante Anastasia Vertinskaïa), puis celle de sa crise de démence au milieu des soldats de son frère. Bien sûr, tout n'est pas aussi saisissant dans ce film inégal et versant plus d'une fois dans la grandiloquence (la rencontre entre Hamlet et le spectre de son père est proprement cataclysmique), mais il est difficile de résister au souffle qui le traverse sur la durée.

     

    Kozintsev,urss,histoire,60sHAMLET (Gamlet)

    de Grigori Kozintsev

    (U.R.S.S. / 148 min / 1964)