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12.10.2012

Very bad trip

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Very bad trip n'est ni plus ni moins que le gonflage aux dimensions d'un long métrage de ces vidéos d'amateurs montrant la réalisation ou le résultat de mauvaises blagues de fêtards. Tel est son intérêt, maigre, pour ne pas dire nul.

Dans les films-cauchemars de Martin Scorsese, dans les anciens polars de Jonathan Demme, dans tous ces films noirs qui racontent comment les pires choses peuvent arriver aux gens comme vous et moi, la fable a son utilité, les caractères sont changés, les rapports avec la fiction et le fantasme sont éclairés. Ici, le "bad trip" ne produit rien, ne bouleverse rien, ne questionne rien. Il s'agit d'un état second oublié et donc impossible à (se) représenter sinon, in extremis, en retrouvant comme par enchantement des photos prises à l'occasion (support qui rabaisse encore la chose).

Malgré la mise en scène "cinéma" (version tape-à-l'œil, version caprice de riche, version crétin friqué), magré les efforts d'imagination déployés pour garder le cap de l'énormité des situations, c'est une banalité triste qui est étalée le long d'une intrigue qui pourrait se dérouler n'importe où ailleurs qu'à Las Vegas (d'ailleurs un inévitable Very bad trip 2 envoie tout son petit monde à Bangkok). Promesse est faite, au début, d'une remontée de courant dans la brume alcoolisée, ce qui pourrait donner naissance à un système narratif excitant. Peine perdue : le principe de base n'entraîne qu'une fastidieuse répétition, une série de surprises sans surprise. Chaque scène n'a qu'une raison d'être, elle sert à dévoiler et expliquer la conséquence d'un acte insensé et délirant effectué la nuit précédente par nos imbéciles amnésiques. Ici, la présence d'un cinéaste n'est décelable que dans les clins d'œil (le gag sur Rain man par exemple) et dans les emprunts (le plan-poitrine d'ivresse "scorsesienne").

Né de l'internet, le film peut y retourner. C'est un film de l'oubli, un film sans visée aucune. Very bad trip, c'est du punk-rock pour rien. Il nous rappelle juste combien on peut être cons entre amis, combien aussi on peut avoir l'envie de tout foutre en l'air tout en adorant retrouver nos femmes, nos enfants, notre petite maison. Merci Todd Phillips !

 

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phillips,etats-unis,comédie,2000sVERY BAD TRIP (The hangover)

de Todd Phillips

(Etats-Unis / 100 min / 2009)

Publié dans Film | Lien permanent | Commentaires (7) | Tags : phillips, etats-unis, comédie, 2000s | |  Facebook | |  Imprimer

Commentaires

C'est surtout une comédie jamais drôle. A partir de là...

Écrit par : Rémi | 12.10.2012

Effectivement Rémi. Je n'en ai même pas parlé alors que c'est peut-être le principal grief à avancer : tout cela ne fait jamais rire...

Écrit par : Edouard | 14.10.2012

Du punk rock pour rien, je trouve ça assez juste, même si c'est justement ce qui explique le succès du film. Ce film a été propulsé culte parce qu'il a compris que la subversion n'était plus un moyen (de dénoncer, de penser, de questionner) mais une fin en soi. Le phénomène de biture express ce n'est que ça: on boit...pour boire. A une époque où l'on a plus grand chose contre quoi se rebeller, ce film a servi d'exutoire. Les avantagse du pétage de plombs sans les incovénients. Après pour sortir un peu de cette intellectualisation d'un film aussi trivial, je serai moins sévère et il faut avouer qu'on rigole. Bêtement mais on rigole.

Écrit par : Briand | 25.10.2012

Hélas, je n'ai pas rigolé une seule seconde de mon côté. Mais je suis bien d'accord avec votre commentaire, "les avantages" sans "les inconvénients". Nous avons des conséquences énormes mais qui ne changent rien, qui sont réversibles. On ne peut pas remonter le cours du temps et de la mémoire mais on peut réparer facilement. C'est la subversion pour les nuls.

Écrit par : Edouard | 26.10.2012

Je ne suis pas d'accord sur le fait que cela puisse arriver n'importe où.

Las Vegas a son importance. Vegas c'est Zéropolis ! La ville dans laquelle la raison des clients est totalement annihilée comme un réseau téléphonique brutalement interrompu. Le but est le laisser-aller jusqu'à la vampirisation. Une fois fini, vous ressortez de votre trip ahuri et les poches vides.

Pas vu la suite, mais Bangkok, en dehors de l'attraction asiatique donne aussi une représentation hollywoodienne de la ville. Laissez-moi deviner... Les quartiers chauds et humides, les coins sordides où l'on consomme drogues et cuisses asiatiques ?

Écrit par : Benjamin | 08.11.2012

En te lisant ici, j'ai eu peur que tu défendes le film, mais j'ai lu ta note qui me rassure sur ce point (c'est tout à fait ça, c'est "inutile").

Pour ce qui est du lieu, ma remarque n'était sans doute pas très pertinente en fait. En tout cas, elle aurait mérité d'être mieux tournée. Bien sûr que Las Vegas a son importance, que tu soulignes bien, mais ce que je voulais dire, c'est que cette aventure, qui prend une allure énorme mais qui finalement n'est que toute petite (inutilité, absence de conséquences, retour à l'ordre), peut se décliner absolument partout ailleurs. Seuls les ingrédients, les mises en péril, seraient à adapter "touristiquement".

Écrit par : Edouard | 09.11.2012

Et quand j'écris "vous ressortez de votre trip ahuri et les poches vides." c'est aussi bien pour Vegas que pour le film. Même recette.

Écrit par : Benjamin | 09.11.2012

Les commentaires sont fermés.