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Drive My Car (Ryusuke Hamaguchi, 2021)

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Hamaguchi captive pour la quatrième fois à la suite. Il dispose ses éléments de mélodrame et les étirent dans le temps long du quotidien. Tout est alors affaire de déplacement, comme l'indique le rôle essentiel des trajets en voiture. Le récit est construit de façon à produire une tectonique des plaques. Les personnages secondaires passent au premier plan, les aveux et événements sont reportés (comme le générique de début : il y a un prologue et il faut s'y attarder le temps nécessaire), la violence est déportée (des antagonistes mari/amant au fan trop curieux), la multiplicité des langues parlées entraine des décalages, la vie et la fiction s'enrichissent l'une de l'autre. Tout cela justifie la durée du film tout en assurant la fascination devant la complexité des couches mouvantes et superposées. En découlent aussi des échos surprenants, des effets de miroir subtils. La boucle familiale et sentimentale qui se forme n'a, grâce à ces flottements, pas l'air d'être forcée par le scénario mais peut tout simplement passer, comme le reste, pour une production de l'imaginaire du personnage principal, malgré le beau maintien constant dans le réel. 

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