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13.05.2008
Êtes-vous Wendersien(ne) ?
Wim Wenders est présent cette année encore au Festival de Cannes, en sélection officielle. L'arrivée d'un nouveau film du cinéaste suscite à peu près autant d'espoir et d'enthousiasme qu'un congrès du PS ou la participation d'une équipe française au deuxième tour de la Champions League. Pendant une quinzaine d'années pourtant, Wenders y était, lui, sur le toit de l'Europe.
Découvrir à 15 ans Les ailes du désiralors que l'on ne connaît que la ligne Besson/Parker prônée par Studio et Premièreprovoque une sacrée remise en question. Les anges de Wenders me poussèrent alors à remonter le temps, vers ce nouveau cinéma allemand de l'époque. De cette période, pendant laquelle le regard du cinéaste, bien avant Paris, texas, était déjà tourné vers les Etats-Unis, je mets au plus haut L'ami américain. En 67, Boorman avec Le point de non retourfaisait un grand polar américain à l'européenne. Dix ans plus tard, Wenders fit un grand polar européen à l'américaine.
Malheureusement, en allant dans l'autre sens, passé le projet mégalo de Jusqu'au bout du monde, mené à terme tant bien que mal, les choses se sont vite gâtées jusqu'à me laisser indifférent. Parallèlement, le discours posé et pertinent du cinéaste devenait barbant et aigri. Exceptées quelques révisions, je n'ai donc pas vu de film de Wenders depuis 8 ou 9 ans.
Voici mes préférences :
**** : L'ami américain (1977), Paris, Texas (1984), Les ailes du désir (1987)
*** : Alice dans les villes (1973), Au fil du temps (1976), L'état des choses (1982), Jusqu'au bout du monde (1991)
** : Hammett (1982), Lisbonne Story (1994), Buena Vista Social Club (1999)
* : Si loin, si proche (1993)
o : Million Dollar Hotel (2000)
Vus il y a trop longtemps : L'angoisse du gardien de but au moment du penalty (1971), Faux mouvement (1975)
Pas vus : Summer in the city (1971), La lettre écarlate (1972), Nick's movie (1979), Arisha (1994), The end of violence (1997), Land of plenty (2004), Don't come knocking (2006) et ses autres documentaires
N'hésitez pas à apporter vos commentaires (et à me dire si je dois m'y remettre)...
22:42 Publié dans Détente | Lien permanent | Commentaires (9) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : wenders







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Commentaires
Je ne sais pas si tu dois t'y remettre mais à lire le synopsis du dernier (Palermo Shooting) sur le site du festival, on a réellement l'impression d'un mix entre Alice dans les Villes (un photographe qui fait une rencontre féminine, de l'Ami Américain (la rencontre avec un tueur) et Lisbonne Story (l'errance dans les paysages du Sud). Tiendrait-on là le film de la résurrection, pour ce cinéaste réellement générationnel qui a servi de guide de cinéphilie (je crois qu'on a dû être beaucoup à le découvrir au même âge via Les Ailes du Désir et Paris Texas et à ne pas s'en être remis). Cela dit, chopé quelques passages des Ailes du Désir lors d'une diffusion Arte et j'ai trouvé ça assez pompeux. Ca sentait déjà le début de la fin. En revanche, je ne me lasse pas de revoir L'Etat des Choses et surtout Alice dans les villes dont la légèreté et l'évidence du regard m'impressionnent toujours.
Pas beaucoup de souvenirs de "Faux mouvement", mais je me souviens avoir été très touché. Nick's movie aussi, c'est sans doute un de ses grands moments, même si le film est vraiment dur. Etonnant aussi de voir comment avec ce cinéaste, je n'ai aucun souvenir de "Don't come knocking" d'il y a deux ans alors que la première vision de "L'Etat des Choses" il y a 15 ans est restée gravée dans le marbre.
Ecrit par : Joachim | 14.05.2008
J'avais, à l'époque où j'ai découvert tout ça, une grande passion pour "Alice dans les villes" aussi. Mais je l'ai revu assez récemment et il m'a paru un poil trop monotone avec son alternance d'observations très prosaïques et de séquences plus travaillées (les déplacements en voiture et en musique). Il pose en tout cas une esthétique et un rythme qui se peaufinent jusqu'à "Paris Texas". A partir des "Ailes du désir", ça devient autre chose (et il commence à y avoir du message dans l'air...).
Ecrit par : Ed | 14.05.2008
Rebonjour Ed, de Wenders, je n'ai vraiment aimé que Les ailes du désir (film hypnotique sublime) et Hammett (pour le côté polar). Paris-Texas, je me rappelle surtout de la musique de Ry Cooder (de mémoire) mais bon, je le ne reverrai pas. Les flms de Wenders sont un peu froid en ce qui me concerne.
Ecrit par : dasola | 15.05.2008
Ce fut sans doute le plus grand cinéaste existentialiste et moderne de son époque... Puis tout s'est arrête et figé brutalement, comme si son cinéma n'arrivait plus à évoluer. Chute du mur, enlisement dans la fascination américaine et la technologie... Des auteurs sont parfois tués par l'Histoire.
**** Les Ailes du Désir, Alice dans les Villes, L'Ami américain, Paris, Texas
*** L'etat des choses, Au fil du temps
** Buena Vista Social Club
* Million Dollar Hotel, The end of violence , Land of plenty , Don't come knocking
je me garde précieusement certains comme "Hammet", "Nick's Movie", "Faux Mouvement"... D'autre je ne suis absolument pas pressé de les découvrir même si je suis curieux du procahain.
Ecrit par : Ishmael | 15.05.2008
Et bien Dasola, si tu veux à la fois le sublime et le polar, tu peux voir "L'ami américain". Je vois ce que tu veux dire par rapport à la froideur du cinéma de Wenders, mais je parlerai plutôt d'une distance, d'un retrait.
Ishmael : Nous avons quasiment exactement le même rapport avec Wenders et c'est ce qui fait tout le drame de son parcours. La chute est si nette que tout le monde la situe à peu près au même moment.
Ecrit par : Ed | 15.05.2008
Je vois que je partage le sentiment de beaucoup d'entre vous : j'ai beaucoup aimé Wenders à un moment donné et je trouve qu'il s'est effondré et ne fait absolument pas le poids contre quelqu'un comme Fassbinder (assurément LE grand cinéaste allemand de cette génération).
Je livre néanmoins mes "étoiles" sans tenir compte du fait que je n'ai pas revu certains de ces films depuis fort longtemps et qu'ils pourraient bien être révisés à la baisse :
**** : Alice dans les villes, Paris-Texas, Les ailes du désir
*** : Hammett (que je préfère largement à "l'ami américain"), Au fil du temps, jusqu'au bout du monde (mais je suis presque persuadé de ne plus pouvoir supporter ce film aujourd'hui!)
** Si loin, si proche, Land of plenty, l'ami américain, Lisbonne story, l'état des choses, Nick's movie
* : -
° : The million dollar hotel (une horreur!)
Ecrit par : Dr Orlof | 15.05.2008
Comme d'hab', Dr, la proximité de notre vision globale masque de profondes divergences dans les détails : ici sur "L'ami américain", sur la crainte d'une révision douloureuse et sur la superiorité supposée de Fassbinder sur Wenders (dans la première moitié de carrière, j'entends).
Sinon, oui "Million dollar hotel" est une horreur (j'avoue, chose rarissime, ne pas avoir tenu jusqu'à la fin).
Ecrit par : Ed | 16.05.2008
A mon avis c'est vrai que les premiers Wenders étaient dotés d'une grâce et d'une identité très profondes.J'admets aussi que depuis pas mal d'années c'est nettement plus laborieux.Mais on est souvent un peu injuste car je crois que les auteurs traversent tous des périodes un peu moins inspirées.
*** L'ami américain,Penalty,Nick's movie,Hammett,tous les quatre assez admirables.
** Lisbonne,Paris Texas,Buena Vista,Les ailes du désir
* Land of plenty,Jusqu'au bout du monde
0 Million dollar hotel,effectivement très pénible.
Pas vu les autres ou il y a si longtemps.Une suggestion pour ta rubrique très intéressante Ed.Je suis un fan de Boorman et finalement la blogosphère en parle assez peu.A bientôt.
Ecrit par : eeguab | 17.05.2008
Ah oui, eeguab, Boorman, ce serait intéressant (pour moi, il y a du génial et du très mauvais). On y reviendra.
Ecrit par : Ed | 18.05.2008
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