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04.12.2009

Bunny Lake a disparu

(Otto Preminger / Grande-Bretagne / 1965)

■■□□

bunnylake.jpgTout juste arrivée à Londres, où vit déjà son frère Steven, la jeune américaine Ann Lake vient chercher à l'école sa petite fille Bunny qu'elle a laissé le matin pour la première fois. Or, la gamine est introuvable et, plus surprenant, personne ne semble l'avoir remarquée dans le quartier et toute trace de sa présence, des vêtements aux jouets, a disparu du nouvel appartement fraîchement aménagé. Le policier en charge de l'enquête en vient à douter de l'existence de la petite Bunny et de la santé mentale de Ann, couvée par un frère très prévenant.

Bunny Lake a disparu (Bunny Lake is missing) est un Preminger à la fois méconnu et très défendu par les admirateurs du cinéaste. Il est vrai que la réalisation est impeccable, que les décors, intérieurs ou extérieurs, sont filmés remarquablement, que les comédiens sont très justes, que l'intelligence s'affiche en toute occasion. Alors quoi ? Se pourrait-il que cette intelligence soit justement trop évidente ? Car chaque séquence m'a semblé extrêmement cérébrale, l'idée faisant souvent écran à l'émotion. Ainsi, la recherche de la poupée de Bunny conduit dans un sous-sol qui en est rempli et l'on pense à la symbolique, au lien mère-fille-poupée-ami imaginaire, au lieu d'être étonné ou inquiet. De même, le dénouement n'offre finalement qu'un long jeu d'esprit, là où la tension devrait être intenable.

Le film ne m'a pas ému : voilà ma réserve principale. Un enfant disparaît et nous devrions être pris aux tripes, or les réactions des uns et des autres semblent à contre-temps, le rythme ne varie pas, jusqu'à glisser vers une sorte de ventre mou bavard, le temps de l'enquête, que l'on suit benoîtement (l'objet de celle-ci se décentre vers la mère et le couple quasi-incestueux qu'elle forme avec son frère). Entre réalisme social et onirisme, entre les plans-séquences virtuoses et les quelques zooms accusateurs déformant les visages, entre les choses qui sont tues et celles qui sont très brusquement révélées, le film cherche son équilibre. Dans les bras de l'oncle, la fillette paraît tout d'abord morte. Dans le pub, la musique des Zombies est là, mais elle est compactée dans un poste de télévision. Le style de Preminger est parfois très fluide (la fantastique séquence de l'évasion de l'hôpital) mais aussi très froid, comme une belle mécanique.

A lire : un autre avis sur ce film.

Publié dans Film | Lien permanent | Commentaires (5) | Tags : preminger, grande-bretagne, 60s | |  Facebook | |  Imprimer