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Le mouchard

(John Ford / Etats-Unis / 1935)

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a1ab85812456ed1efd59587ef8210ae3.jpgUn Ford reçu très différemment selon les époques : meilleur film du monde dans les années 30 ou plus mauvais film de son auteur dans les années 60. La vérité est comme souvent entre les deux, plutôt vers le haut tout de même.

Ce qui gêne le plus est le dénouement, avec la dernière scène dans l'église qui, en se tournant vers le religieux, fait resurgir le lourd symbolisme des premières minutes. La volonté de soigner chaque image en utilisant les trouvailles visuelles de l'expressionnisme sied moins à John Ford que la simplicité dont il usera plus régulièrement ailleurs (simplicité seulement apparente, les recherches esthétiques voyantes du Mouchard démontrant par ricochet que Ford travaille très précisément ses mise en scènes). La manière de traduire l'obsession de Gypo, qui voit et entend partout sa victime, est appuyée, usant de surimpressions ou de sursauts du personnage lorsqu'il est abordé. Cet excès de sérieux est balayé par la suite. Gypo, croyant avoir détourné les soupçons, se sent libéré et libère le film en même temps. Les moments forts du scénario sont admirablement menés, tels l'assaut du refuge de Frankie et sa mort. Le procès de Gypo est également intense, même si l'on ne peut s'empêcher de penser à M le Maudit, tourné quatre ans avant.

Si Le mouchard ne prend pas une place auprès des plus grands Ford, il reste un beau film, prenant et émouvant, posant fortement les dilemmes de la délation et de l'exécution des traîtres. Et il ferait un bon double programme avec le dernier Ken Loach.

Commentaires

  • Ah tiens ce vieux facho de Victor McLaglen ...je n'ai pas vu ce mouchard, même si je connaissais ce film ...pour moi le meille Ford restera l'émouvant Raisins de la colère, avec un Henry Fonda prodigieux en Tom Joad !

  • Je ne connais pas la personnalité de McLaglen.
    Quant à Ford, cela mériterait des pages et des pages. Disons que j'en placerais quatre au plus haut : Les raisins de la colère / La poursuite infernale / La prisonnière du désert / L'homme qui tua Liberty Valance. Et que l'image de John Wayne soulevant Natalie Wood à la fin de "La prisonnière..." me reste imprimé dans la rétine depuis des années.

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