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15.01.2009

Che (1ére partie : L'Argentin)

(Steven Soderbergh / Etats-Unis / 2008)

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che.jpgSteven Soderbergh signe là en quelque sorte la suite de Carnets de voyage de Walter Salles, en décrivant la lutte armée menée par Guevara et Castro à la fin des années 50 pour renverser le dictateur cubain Batista. La guérilla est sans doute une chose relativement difficile à filmer. Soderbergh a dû prendre peur et n'a pas voulu se lancer dans une expérience trop radicale en collant aux basques du Che crapahutant pendant des jours avec ses hommes dans la forêt. Il use donc d'un montage parallèle qui accole aux séquences de guérilla des moments du voyage du commandant Guevara à New York en 1964, séjour dont le point d'orgue était le discours tenu à la tribune de l'ONU. Ces images sont tournées avec beaucoup d'afféteries en noir et blanc granuleux, dans un style très différent du reste. Sans réel intérêt stylistique, le procédé alourdit l'ensemble en le recouvrant d'un didactisme dont on se serait bien passé. Pire : sur la bande-son, les propos que tient Guevara à une journaliste américaine reviennent fréquemment surligner ce que l'on voit, ou plutôt, ce qui passe si mal à l'écran. A un moment, le Che explique que la longue et pénible marche de plusieurs jours qu'il effectua avec les blessés de son armée a renforcé sa foi révolutionnaire. J'aurais aimé le resentir plutôt que d'avoir l'explication de texte, mais pour cela, il aurait fallu que Soderbergh filme cette épreuve avec un peu plus de ferveur (je pense, par opposition, aux douloureuses séquences d'évacuation des blessés dans Kippour de Gitai).

Bref, pour ne pas avoir eu suffisamment confiance en son public, le cinéaste de Traffic n'a réussi qu'un biopic traditionnel, sans aucune aspérité. Les dernières séquences de guerre urbaine passent sans trop nous réveiller. Les ellipses se remarquent à peine (ah, tiens, on lui met un plâtre, il a dû être blessé...). Assez bien menés, les dialogues entre un Che peu loquace et un Castro monopolisant la parole auraient suffi pour l'apport des éléments nécessaires à la compréhension des enjeux, au sein d'un récit qui aurait gagné en force à se limiter à un seul niveau temporel.

Voilà voilà...

Cette première partie ne m'inspire guère. Il paraît que le second volet est un tout autre film.

Bien bien...

On se fait un peu Che là, non ?

Publié dans Film | Lien permanent | Commentaires (7) | Tags : soderbergh, etats-unis, histoire, 2000s | |  Facebook | |  Imprimer

Commentaires

J'ai vu " Carnets de voyage" et je l'ai trouvé assez bon, bien qu'un peu convenu, un roman d'apprentissage en forme de road- movie. Mais cela n'avait rien à voir, à mon sens, avec la véritable personnalité de Che Guevara.
Ce film là est sûrement plus proche de la vérité,au moins dans le contenu, mais le traitement du sujet semble fort rébarbatif, et vous ne donnez pas envie de le voir. Sur d'autres sites, il est aussi question d'ennui!! Par ailleurs, on nous bassine un peu trop avec le Che ces derniers temps.

Écrit par : dominique | 23.01.2009

Tout à fait d'accord avec vous Dominique sur "Carnets de voyage", que les critiques ne cessent de rabaisser pour mieux encenser le film de Soderbergh, alors que celui de Walter Salles ne "révolutionne" certes rien mais transmet un vrai bonheur de récit (et montre très bien la naissance d'une conscience).
En revanche, je ne saurais juger de la pertinence des faits et des caractères dans l'un ou dans l'autre, ne connaissant que superficiellement la vie de Guevara.
Un dernier mot sur l'ennui que procure "Che I" : il est dû selon moi au choix que n'a pas voulu faire Soderbergh. Ni fresque spectaculaire classique, ni expérience narrative ou visuelle vraiment radicale.

Écrit par : Ed | 23.01.2009

Le cinéma de Soderbergh n'est pas toujours très sympathique. Et ce film ne m'inspire pas vraiment. Je passe, je pense.

Écrit par : Wilyrah | 04.02.2009

Bonjour Ed, j'ai vu la première partie, un peu pétaradante, violente et je n'ai pas compris grand chose. Je viens de voir la deuxième partie, plus calme, plus contemplatif (oui, oui) et pourtant cela finit mal. Tout ce passe dans la jungle colombienne. C'est moins touffu. J'ai nettement mieux aimé. C'est vrai que c'est très différent de la première partie.

Écrit par : dasola | 05.02.2009

Dasola : Pour la deuxième partie, je te renvoies à ma courte note d'aujourd'hui. Elle est effectivement plus calme, mais l'aspect contemplatif est à mon avis bien mal rendu, n'élevant jamais le film à une dimension supérieure. J'ai à peine mieux aimé.

Wilyrah : J'ai, moi, plutôt l'impression d'un cinéma "sympathique" justement, même si d'une part, les seuls films que je ne connais pas de Soderbergh (hormis Bubble) sont a priori les plus "cools" (la trilogie des Ocean) et d'autre part, je préfère les titres un peu plus sombres (Sexe, mensonges..., Traffic, Kafka, L'Anglais, Solaris, A fleur de peau).

Écrit par : Ed | 05.02.2009

Si l'on occulte la trilogie nanarisante des Ocean's, ce Che 1e partie (pas encore vu la 2e partie qui n'augure rien de plus folichon) est sans doute le plus mauvais film de Soderbergh. Pour la première et essentielle raison que l'ambition était énorme (un biopic sur l'icône anticapitaliste par excellence : y'a de la matière et ça a de quoi stimuler une pellettée de cinéphiles), mais la description de Guevara, très superficielle et schématique, est délaissée au profit d'un conflit à peine plus explicité. Y'avait forcément de quoi en balancer sur la genèse de cette personnalité révolutionnaire qui n'est ici qu'un des innombrables instruments d'un combat armé somme toute peu crédible d'après le rendu à l'écran.

Un énorme échec. Et une inconsollable déception.

On se fait, comme tu le dis, plutôt bien Che tout du long.

Écrit par : Stoni | 09.02.2009

Peut-être effectivement, Stoni, le plus mauvais Soderbegh. Une personnalité traitée comme les autres revolutionnaires, presque noyée dans la masse, cela aurait pu se défendre si cette masse elle-même dégageait une force réelle, ce qui n'est pas le cas ici où aucun comparse n'a une quelconque épaisseur. L'ensemble est lisse et surtout ne pousse jamais le spectateur à la moindre réflexion.

Écrit par : Ed | 11.02.2009

Les commentaires sont fermés.