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Ragtime (Milos Forman, 1982)

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Forman semble effectivement au départ peindre une grande fresque sur l'Amérique en forme de kaléidoscope. Sauf qu'il abandonne progressivement la méthode narrative altmanienne ouverte à tous les hasards. Oui les personnages laissés un temps reviennent plus tard mais le fil est considérablement resserré et plutôt que de développer une myriade de récits indépendants ou connectés, Forman fait de l'un d'eux, le plus dramatique, celui du choix du terrorisme par le Noir humilié, la trame principale et finit par négliger les autres, par ne les reprendre que de façon très espacée et en conséquence trop artificielle. La dernière partie est ainsi beaucoup trop longue, consacrée à la prise d'un édifice, aux négociations, à l'assaut. La première heure est pourtant remarquable, avec ses reconstitutions très vivantes, ses personnages travaillés (travail qui finira malheureusement à faire un peu trop patiner le film à force d'étude psychologique : il semble avancer moins par les actes que par les attitudes morales), son rythme musical et au moins une scène d'anthologie avec Elizabeth McGovern tentant de négocier nue face aux avocats venus la prendre en flagrant délit d'adultère.

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