03.04.2009

Cahiers du Cinéma vs Positif (1951-1952)

Mes notes précédentes sur le sujet m'ont laissé insatisfait, je reprends tout. Puisque ma volonté était de retracer deux parcours parallèles, autant me placer résolument au point de départ afin de ne pas donner l'impression que quelque chose manque.

Il s'agit donc de déterminer crânement qui, des deux principales revues françaises de cinéma, avait raison, en confrontant leurs choix respectifs de films ou de cinéastes mis en couverture. J'en suis conscient, la démarche est contestable, voire totalement idiote. Elle n'est de toute manière, soyez-en sûr, qu'un prétexte à remettre en mémoire ou à faire découvrir de belles unes.

Nous sommes tous d'accord avec Bo Diddley et les Yardbirds : You can't judge a book by looking at the cover. Il est évident que cette partie émergée de l'iceberg, quelque soit l'intégrité morale et l'honnêteté esthétique des responsables successifs des deux revues, ne dit pas tout de Positif et des Cahiers. D'une part, un choix de couverture pour un mensuel de cinéma est évidemment tributaire de l'actualité. D'autre part, tel film mis en avant à un moment précis pour sa séduction immédiate et pour sa valeur emblématique d'un air du temps, paraîtra de nos jours bien anodin, masquant parfois de surcroît un texte ou un ensemble sur une oeuvre d'une toute autre ampleur parue dans le même numéro. Une fois admis cela, on se rend compte toutefois que, sur la durée, le puzzle prend forme et l'image qui s'en dégage traduit fidèlement l'identité de la revue. Chacune puise d'ailleurs à l'occasion dans l'histoire de ses couvertures, jouant ainsi sur ce lien entre elle et le lecteur : pour fêter son quarantième anniversaire, l'équipe de Positif avait choisi pour chaque année passée une de ses couvertures et programmé le film correspondant lors d'une rétrospective; à l'occasion de leurs 50 ans, les Cahiers avaient reproduit en bas de pages du numéro d'avril 2001 toutes les leurs.

Enfin, en ces temps où beaucoup de cinéphiles, blogueurs ou non, font la moue devant l'état du cinéma et celui de la critique (je ne suis d'ailleurs pas toujours le dernier à la faire), chacun pourra peut-être mesurer l'importance (ou l'absence) de l'écart entre hier et aujourd'hui et, parallèlement, ceux qui se sont entichés à un moment ou à un autre de l'un des deux titres pourront voir si leur préférence se visualise nettement à travers cette série de couvertures historiques.

 

1951 : Naissance des Cahiers du Cinéma, sous-titrés "Revue du cinéma et du télécinéma". Les parents officiels (rédacteurs en chef fondateurs) sont au nombre de trois : Jacques Doniol-Valcroze, Lo Duca et André Bazin.

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Avril : Boulevard du crépuscule (Billy Wilder, Cahiers du Cinéma n°1)

Mai : Eve (Joseph L. Mankiewicz, C2)

Juin : Tabou (F.W. Murnau et Robert Flaherty, C3)

Juillet : Mademoiselle Julie (Alf Sjöberg, C4)

Septembre : Samson et Dalila (Cecil B. DeMille, C5)

Octobre : L'auberge rouge (Claude Autant-Lara, C6)

Décembre : Los olvidados (Luis Bunuel, C7)

Difficile de trouver mieux que ce film-là et cette photographie pour orner le premier numéro d'une revue cinéphile. Comme Wilder plaçait Gloria Swanson dans l'axe de la lumière du projecteur, les Cahiers voulaient-ils déjà nous montrer le chemin ? Toujours est-il que dans cette année, "blanche" si l'on se place dans l'optique de notre confrontation, ils proposaient pour commencer un sacré tiercé, d'avril à juin.

 

1952 :

Janvier : Le fleuve (Jean Renoir, C8)

Février : Jeux interdits (René Clément, C9)

Mars : Une place au soleil (George Stevens, C10)

Avril : Le gouffre aux chimères (Billy Wilder, C11)

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Bernard Chardère fonde à Lyon, en mai 52, la "revue mensuelle de cinéma" Positif. La promesse de periodicité ne pourra guère être tenue que durant les sept premiers mois et il faudra attendre le milieu des années 60 pour que le rythme voulu soit définitivement assuré. Au milieu de la présentation du numéro 1, on peut lire ceci : "Nous voudrions enfin ne pas démériter de la critique de cinéma. Saluons ici nos aînés : les Cahiers du Cinéma, en bonne place dans le haut sillage du regretté Jean-Georges Auriol, Sight and sound, Bianco e nero." Pendant quatre ou cinq ans, la cohabitation fut effectivement cordiale.

Jusqu'en 1954, les couvertures de Positif étaient vierges de photographies. J'ajoute donc entre parenthèses les films défendus et les thèmes abordés dans ces premiers numéros.

Mai : La charge victorieuse (John Huston, C12) /vs/ Positif n°1 (L'auberge rouge, Los olvidados)

Juin : Deux sous d'espoir (Renato Castellani, C13) /vs/ Positif n°2 (Le fleuve, Rashomon)

Juillet : Un américain à Paris (Vincente Minnelli, C14) /vs/ Positif n°3 (John Huston)

Septembre : L'homme tranquille (John Ford, C15) /vs/---

Octobre : La jeune folle (Yves Allégret, C16) /vs/---

Novembre : Les feux de la rampe (Charlie Chaplin, C17) /vs/ Positif n°4 (cinéma ibérique, La montée au ciel, La grande vie)

Décembre : Belles de nuit (René Clair, C18) /vs/ Positif n°5 (cinéma soviétique, Deux sous d'espoir, Giuseppe de Santis, Marc Donskoï)

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Trois premiers numéros impeccables pour Positif aussi. C'est peut-être une règle... Autant-Lara, Clément, Allégret et Clair en vedette chez les Cahiers; les "jeunes turcs" n'avaient pas encore mordu à pleines dents le cinéma français.

Quitte à choisir : Trois premiers numéros de haute volée pour Positif donc et trois couves marquantes des Cahiers, celles consacrées à Renoir, Huston et Chaplin. Jeux interdits ne me bouleverse pas et il y a quand même de bien meilleurs Ford que celui-ci (sous réserve de le revoir). Enfin, sans vouloir négliger le film, je préfère au moins quatre ou cinq autres comédies musicales de Minnelli à cet Américain bien connu. Je ne connais pas les autres. Allez, pour 1952 : Match nul.

A suivre...

 

Sources : Calindex & Cahiers du Cinéma

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Commentaires

Comme vous vous en doutez sûrement, je fais partie de ceux qui "font la moue devant l'état du cinéma et celui de la critique" ; et, je m'autorise à ce "titre" quelques remarques sur ce billet ; en toute subjectivité...

Tout d'abord, pour moi - et pour beaucoup d'autres, j'espère -, il est difficile d'admettre qu'une couverture puisse "couvrir" un article ou un ensemble de textes (concurrents ou non).

Mais, en acceptant néanmoins, que les couves dessinent l'identité de la revue, et qu'"il s'agit [donc] de déterminer crânement qui, des deux principales revues françaises de cinéma, avait raison", les CdC l'emportent haut la main. Positif, ayant toutefois eu "raison" de profiter de l'engouement "cinéphile", en s'embusquant dans la brèche. En gros, "il y a des films à critiquer - à "défendre" - pourquoi ne pas le faire à notre tour."

Soit. Mais, on devine très bien que la vitalité d'une revue défricheuse peut s'essouffler un an après sa création. Du coup, on sent bien qu'il est autrement plus aisé de relever les lacunes de ses prédécesseurs, tout en s'appropriant leur fonds de commerce (les "auteurs"). Ce n'est peut-être pas la revue fondée par B. Chardère qui a galvaudé explicitement le terme "auteurs", ou l'expression "mise en scène", mais, elle y aura fortement contribué !

Ainsi, selon une formule qui m'est toute personnelle, je prétends que Positif, depuis pratiquement le début, a le "pire bon goût". En effet, ils mettent en avant, en grande partie, ou de manière plus ou moins hypocrite, des cinéastes que leurs rivaux avaient déjà défendu quelque temps auparavant ! Et, quant à l'actualité, ils éreintent des cinéastes au moins prometteurs, sinon très talentueux, mais que leur mauvaise foi empêche d'honorer ; pour, dirait-on, se "démarquer". Et, si effectivement, il leur arrive de défendre de grands cinéastes, c'est souvent avec deux ou trois trains de retard (sinon tout une génération ! cf. Bresson) pour les louer.

C'est pourquoi, il faut absolument lire les articles. Ainsi, si on prend les rédacteurs les plus importants de deux côtés, ceux des Cahiers l'emportent sur leurs piètres rivaux... Et, pour en terminer, oui, je me sens très proche de la tendance Cahiers ; disons, jusqu'en 1980...

Bien à vous.

Ecrit par : le père Delauche | 06.04.2009

Je ne suis pas tout à fait d'accord avec cette définition de la ligne de Positif. Il faut dire que je suis devenu un lecteur fidèle de la revue et que je n'ai jamais pu me mettre aux Cahiers, malgré plusieurs tentatives.
Huston, par exemple, n'a jamais été vraiment en odeur de sainteté aux Cahiers et toujours défendu par Positif. Sur les couvertures proposées, ma préférée, ça serait elle sur Ford. Là encore, 1954, c'est une époque ou Ford n'est plus "à la mode" (je me souviens des éreintements de Truffaut). Pareil pour Clair, dont la pérode des années 50 est à mon avis sous-estimée et que je touve plaisant de voir défendu par Positif.
Ceci posé, je suis d'accord pour dire qu'il ne faut pas juger la revue sur sa couverture. sinon, je ne serais pas devenu lecteur assidu de Starfix dans les années 80 :)

Ecrit par : Vincent | 06.04.2009

Vincent a réagi plus vite que moi.
Vous devinez, père Delauche, que je ne partage pas du tout, moi non plus, votre point de vue. Le fait d'avoir déblayer le terrain (tout le terrain, vraiment ? le cinéma de genre ?, les cinémas autres qu'américains ou français ?, le cinéma d'animation ?, le comédie italienne ? Antonioni ?, Kurosawa ?, Huston ? et après, le cinéma US des années 70 ?), le fait d'avoir l'antériorité (de 13 mois), placent-ils obligatoirement les Cahiers dans le rôle des chercheurs qui trouvent et Positif dans celui des suiveurs qui n'osent pas ou qui n'ont que les miettes ? Des trains de retard, il me semble que les Cahiers en ont eu. L'hypocrisie et le renvoi des cinéastes que l'on s'empêche d'honorer, ils connaissent aussi.
Les Cahiers n'ont jamais réussi à m'accrocher. J'ai en revanche découvert Positif au début des années 90 pour ne plus les lâcher et remonter le temps jusqu'à leurs origines, découvrant quantité de textes et de signatures marquantes. Voilà pour ma tendance.
Cela dit, vous avez raison, rien ne vaut la lecture des textes. Et puis, même sous le coup de l'humour, j'ai bien tendu le bâton pour me faire battre avec cette histoire de départager les deux revues. Tant pis, je continuerai...

Ecrit par : Ed | 07.04.2009

Vincent, tu dois vouloir dire "Clair défendu par les Cahiers" et non Positif (qui le descendaient d'ailleurs à l'époque). C'est drôle comme l'on se moque facilement de Positif à propos des défenses de Brooks ou Benedek en oubliant celles de Clair, Clément etc... par les premiers Cahiers.

Ecrit par : Ed | 07.04.2009

Oui, excusez-moi, je me suis un peu mélangé les pinceaux. Ca serait aussi intéressant de savoir d'où venaient les différents rédacteurs des deux revues, et depuis quand ils écrivaient de leur côté.

Ecrit par : Vincent | 07.04.2009

Cher Vincent, Cher Ed,

Sans vouloir vous bousculer, l'un et l'autre, pourriez-vous, s'il vous plaît, préciser de quels "Cahiers", vous parlez ?

Car, j'ai bien du mal à vous suivre quand vous (Vincent) affirmez être un "lecteur (fidèle)" de Positif, tant la prose de leurs rédacteurs est laborieuse, sinon pauvre. En d'autres termes, est-ce vraiment de la critique ? Ainsi, si vous évoquez les "derniers" Cahiers (la paire Burdeau-Frodon aux commandes), je vous suis totalement, c'est, en dehors de deux ou trois intervenants, assez illisible. De même que, pour une bonne partie des Cahiers des années 70, c'est limite imbitable.

Néanmoins, ce qui sauve éventuellement Positif - et qui explique probablement qu'on peut "ne plus les lâcher" (Ed) -, en dehors d'une qualité certaine de mise en page, ce sont les interviews - comme il y en a aux CdC. Mais, vu la "teneur" des entretiens, on ne sent pas beaucoup l'exigence de qualités "rédactionnelles". Ainsi, et je suis par avance désolé de renouveler mon arrogante posture, mais les plus grands textes critiques sur le cinéma viennent de la revue co-fondée par André Bazin ; sans doute, le critique le plus important des années cinquante. Les contributions régulières de Rivette, Rohmer, Douchet - et plus tard, ceux de Charles Tesson, de Jacques Rancière - sont remarquables. A Positif, je serais bien étonné que vous puissiez m'en soumettre quelques-uns (en exceptant ceux des rédacteurs "neutres" : participant, ou ayant participé, aux deux revues...).

Sur Huston, et surtout sur Ford, effectivement, les Cahiers sont passés à côté. Et cela dit, entre "Brooks ou Benedek" et "Clair, Clément", 'faut pas pousser non plus ;-D

Mais comme je le mentionnais l'autre fois, Positif a profité de ces lacunes, et de quelques autres. Mais, la mauvaise foi, agrémentée d'incompétence, des deux côtés, a permis le règne de la confusion ; conduisant à des querelles de chapelles. De sorte que les aveuglements des uns sont rattrapés par la "diligence" des autres. Et, effectivement, les champs d'exploration des uns ont fini par être complémentaires avec ceux des autres, avec - on l'espère - encore des chantiers à (c)ouvrir...

L'assiduité de Vincent à Starfix - que je connais très mal (Gans, etc.) - me permet d'ajouter, en guise de conclusion, que sous mes grands airs, au contraire, je crois être suffisamment curieux pour ne pas m'arrêter à la rivalité de ces deux revues-phares (quoique nécessaire, mais alors pour leurs "arguments", plutôt que "tendances" ou "préférences" par le choix des couvertures), et me pencher tout à la fois dans les revues "intellos" pointues (type Trafic) que parcourir les plus modestes publications.

Mes respects à tous deux.

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Ces choses étant dites, soyons néanmoins "bon joueur", et continuons donc ce (petit) "jeu des couvertures (3)" :

Mai : ce Huston-là m'est totalement inconnu (tiens ?! les CdC mettent en avant un Huston ;-). Léger "plus" à Positif pour Les Olvidados (tiens ?! ça ne rappelle pas la couve C7 des Cahiers, de décembre 51 ?)

Juin : bon, là, d'accord : Le Fleuve, Rashomon ; bien que Le Fleuve, c'est encore les Cahiers, en janvier 52 (C8)...

Juillet : Vincente Minnelli !!! Oui, même Un américain à Paris contre "ce" Huston-des-années-cinquante ; sans problème.

[Septembre : L'homme tranquille. Tiens ?! Ford aux Cahiers ?!!!]

Novembre : Léger "plus" pour Les Feux de la rampe (C17) ; contre ce numéro de Positif n°4 : le "cinéma ibérique", "La Montée au ciel"...

Décembre : je concède un point pour ce numéro de Positif (cinéma soviétique & Marc Donskoï...), contre René Clair.

Récapitulons :

Cahiers : +1 (juillet)
Positif : +2 (juin + décembre)
(les légers "plus" s'annulent...)

Hum, franchement... Les publications aléatoires, ça fausse les comptes, non ?

Ecrit par : le père Delauche | 07.04.2009

Pour situer un peu, au début, je lisais tout ce qui me passait sous la main. Puis j'ai commencé avec Première (sic). Ca n'a pas duré et Starfix (Gans, Boukrief, Headline...), sortit en 1983 m'a tout à fait convenu. Vers 83/84, j'ai tenté les Cahiers mais je n'y comprenais rien et je n'ai pas persévéré. quand Starfix a stoppé en 90, j'étais très triste. j'ai tenté les Cahiers de nouveau mais ça ne m'accrochais pas. J'ai suivi Brazil et Le cinéphage et puis j'ai essayé Positif et j'ai fini par m'y trouver bien. J'ai repris les Cahiers il y a quelques années dans mon association, mais toujours, je n'arrive pas vraiment à les lire. Depuis, je me suis intéressé aussi aux anciens Cinéma 70/71/72..., à Cinématographe, à Midit-Minuit, à Manchette sur les conseils du Dr... en fait je n'ai pas trop envie d'avoir un dogme en la matière, sauf Starfix qui a beaucoup compté pour mon "éducation".
Je trouve les textes de Positifs très intéressants, pas toujours mais souvent. Leurs dossiers sont passionnants, il n'y a qu'à lire le dernier numéro consacré au cinéma de Cécil B. DeMille. J'ai bien aimé comment ils continuent de défendre "Kapo" contre le fameux article de Rivette et Ciment, quoique l'on en pense, a écrit de très belles choses (sur Kubrick, quand même, c'est la référence). Viviani, Masson, Vassé ne me semblent pas des manchots, Benayoun sur Lewis... en tout cas j'ai plaisir à les lire.
Ce qui est vrai, c'est qu'il y a un côté plus "flamboyant" aux Cahiers, avec tous ces rédacteurs qui sont devenus des metteurs en scène, ce qui est nettement moins le cas à Positif. j'ai l'impression que les Cahiers ont toujours mieux su se positionner et faire valoir leurs grands textes. Ce qui ne les pas empêché d'écrire bien des âneries, comme sur le cinéma anglais. Aujourd'hui, nous en sommes d'accord, ils vivent sur leur légende.

Ecrit par : Vincent | 07.04.2009

J'ajoute que le Huston en question est son adaptation de "The red badge of courage" de Stephen Crane, pendant la guerre de sécession, et l'un de ses plus beaux films. Si vous avez l'occasion.

Ecrit par : Vincent | 07.04.2009

Je suis donc, moi aussi, un "fidèle lecteur" de Positif, père Delauche et si j'y trouve ces derniers temps, plus que je ne le voudrais, quelques mauvais choix, je continue à prendre plus de plaisir à les lire que lorsque j'essaye de feuilleter les Cahiers de Frodon/Burdeau. Les dossiers sont généralement passionnants et donnent régulièrement envie de se pencher sur l'oeuvre du cinéaste étudié (DeMille ce mois-ci). Même ceux sur des sujets qui ne m'attirent pas au départ (Bollywood) peuvent m'accrocher. Bref, pour le Positif actuel, je rejoins globalement l'avis exprimé par Vincent dans son dernier commentaire.
Pour l'ancien, que je connais bien, j'apprécie la plume ravageuse d'Ado Kyrou, celle de Benayoun quand il n'use pas trop d'anglicismes, celles de Raymond Borde, de Tailleur sur les westerns ou sur Cléo de 5 à 7 etc...
J'avoue être incapable de désigner le plus grand critique des années 50 ou 60. Tout simplement parce que je n'ai pas assez lu les textes des autres (je les connais en fait plutôt par le regard qu'a porté Positif au fil du temps sur la concurrence, donc pour le moins biaisé). Loin de moi l'idée de nier l'importance capitale des premiers Cahiers, je ne défends là que celle de Positif, que vous semblez négliger. Je crois que les Cahiers ont longtemps caché la forêt, notamment grâce à la réussite de ses critiques-cinéastes qui ont servi de relais et de vitrine jusque vers le grand public. Les Cahiers ont bien fait fructifier leur héritage, dès le début, ce que n'a pas fait Positif, sauf dans les 10/20 dernières années, sous l'impulsion de Ciment.

Je ne comprends pas trop votre "faut pas pousser" à propos de Brooks etc...

Sinon, pour mon parcours personnel. J'ai cherché un bon moment à quelles revues m'attacher après avoir laissé tomber Première à la sortie de l'adolescence. J'ai suivi les Cahiers pendant quelques numéros, mais dès que j'ai découvert Positif (en 92, 1er numéro acheté avec The player en couverture), j'ai tout de suite su que j'avais trouvé ce qui me convenait.

Enfin, pour le jeu des couvertures, effectivement, les "trous" rendent difficiles la chose, mais je voulais vraiment partir du début. En fait, je ne pense pas en termes de face à face mais sur l'ensemble des couves de l'année pour chacune des deux revues, c'est plus simple et plus juste.

Ecrit par : Ed | 08.04.2009

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