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19.05.2012

I wish, nos vœux secrets

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I wish, réalisé par un cinéaste attachant, est un film charmant et il vaut donc mieux que j'avance tout d'abord les réserves qu'il m'a inspiré afin de terminer mon texte sur une meilleure note.

C'est une chronique de l'enfance contée à hauteur de gamin de 9/10 ans. Le fil directeur est celui qui reste tissé entre deux frères séparés, l'un vivant avec sa mère, l'autre avec son père. Leur attente est celle d'un miracle : il adviendra selon eux au point exact où les deux nouveaux trains reliant leur ville respective vont se croiser pour la première fois. Partant de là, le récit se fait impressionniste, légèrement éparpillé et s'étirant le long du quotidien. Plus qu'un dialogue à distance entre les deux frères, c'est finalement la photographie d'une petite bande qui est prise, bande à laquelle il faut aussi ajouter les parents et grands-parents.

Reléguer les figures parentales totalement hors-champ aurait pu paraître arbitraire mais tout ce qui les concerne dans le film m'a semblé représenter la part la moins intéressante. Si l'aîné des garçons répète à plusieurs reprises "je n'y comprends rien", disons que, en regardant les adultes, nous comprenons quant à nous un peu trop facilement, les caractères étant marqués. Pour faire sentir la frontière qui existe entre le monde de l'enfance et celui des adultes, le réalisateur aurait peut-être pu creuser un peu plus l'idée de l'intrusion dans le cadre par les grandes personnes.

Le principe du lien qui persiste est avancé avec adresse, même s'il est véhiculé avant tout par les mots, par la reprise d'un personnage à l'autre de formules. Et si on en passe souvent par une esthétique de la vignette, avec notamment des intermèdes musicaux assez commodes, ces quelques bémols n'empêchent pas de trouver la première moitié globalement plaisante.

Et la seconde assez belle. Le petit groupe d'amis écoliers se met enfin en route pour atteindre son but, laissant les adultes derrière eux, aidés seulement par l'autre génération, celle des grands-parents. Cette aide apportée concrétise ce que l'on pressentait déjà : une connivence au-delà des mots et par-delà la génération intermédiaire se débattant comme elle peut dans la société.

Mais ce qui fait le prix de cette partie du film, qui bénéficie également de la cinégénie du déplacement de groupe, ferroviaire ou pédestre, c'est sa résolution. L'expérience faite, qui représente le pic narratif, ne change les choses que très légèrement. Le terme d'apprentissage paraît trop fort pour ce qui est surtout une progression à petits pas, au rythme de la vie. Ni fossoyeur d'espoirs, ni générateur d'illusions, l'exceptionnel moment partagé marque une nouvelle ouverture pour ces gosses, comme pour le spectateur (qui en prend particulièrement conscience avec le dernier plan). I wish se situe dans un entre-deux étroit, celui des petites choses, comme le montre une série d'inserts semblant pointer ce qui importe dans la vie, cette somme qui naît de trois fois rien. Pour avancer, il faut s'enrichir de ce qui est passé. C'est l'un des messages du film et c'est peut-être l'un de ses principes de mise en scène (ainsi, par exemple, d'une beuverie plutôt longuette resurgira, plus tard, une décision importante).

 

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Kore-eda,Japon,2010sI WISH, NOS VŒUX SECRETS (Kiseki)

d'Hirokazu Kore-eda

(Japon / 128 min / 2011)

Publié dans Film | Lien permanent | Commentaires (4) | Tags : kore-eda, japon, 2010s | |  Facebook | |  Imprimer

Commentaires

Bonsoir Ed, c'est un film un peu lent à démarrer puis dès que les deux groupes d'enfants s'échappent du monde des adultes et font leur voyage, j'ai vraiment apprécié ce film (même si j'ai préféré Still walking et Nobody knows) du même réalisateur. Bonne soirée.

Écrit par : dasola | 24.05.2012

Oui, dasola, cela tarde un peu à se lancer sur les rails mais il y a finalement de très belles choses. Je n'ai pas vu ses deux films les plus connus.

Écrit par : Edouard | 28.05.2012

J'adore ce cinéaste, mais je n'ai malheureusement pas eu l'occasion de voir le film, resté peu de temps en province.. Son dernier, Air Doll, ne manquait pas d'idées, mais avait parfois une certaine lourdeur esthétique.
En revanche, Still Walking et Nobody Knows sont des merveilles de justesse, d'émotion, de poésie.
J'avais publié un article sur les 3 derniers films de ce cinéaste et ses thèmes, si cela vous intéresse, je vous transmets ce lien : http://mirabelle-cerisier.hautetfort.com/archive/2012/04/18/hirokazu-kore-eda.html

Écrit par : Oriane | 11.07.2012

Merci, je vais aller lire ça avec d'autant plus d'intérêt que je ne connais pas ces trois films. Je pourrai ainsi voir comment le lien se tisse entre les deux premiers beaux essais (Maborosi/After life) et le dernier en date.

Écrit par : Edouard | 11.07.2012

Les commentaires sont fermés.