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Madres paralelas (Pedro Almodovar, 2021)

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Nouveau mélodrame féminin pour Almodovar, dans l'esthétique très épurée qu'il a adopté ces dernières années. Le son clair porte dans les décors très simples, les intérieurs sont largement majoritaires, les dialogues et les plans sur les visages particulièrement nombreux. Il s'agit alors pour le cinéaste de donner de la profondeur à cette surface pure (on dirait presque, par moments, des effets de fond bleu dans certains plans rapprochés). Il le fait notamment en déséquilibrant son récit, faussement présenté comme parallèle, du côté de la mère "qui sait" et c'est ce déséquilibre qui procure l'émotion, l'inquiétude, l'angoisse. Tous les éléments dramatiques sont conjugués au passé (même récent), ils en remontent pour créer des répercutions différées, d'où la prédominance de la parole. La fin, l'ouverture des tombes des martyrs du franquisme, trouve dès lors sa justification esthétique (l'aération) et thématique (la présence du passé), tout en continuant à assurer une bienveillance à l'égard de tous les personnages. 

Commentaires

  • J'attends de l'avoir vu pour te lire ;)

  • Vu et je ne peux pas m'empêcher d'être un peu déçu. Certes, je te rejoins pour souligner l'élégance de la mise en scène, son épure et le jeu subtil des comédiens (surtout les comédiennes, d'ailleurs). Mais je trouve qu'Almodovar ne fait, finalement, pas grand chose de son histoire de changement de bébé ("Tel père, tel fils" de Kore-Eda me parait plus fin) et, surtout, il a quand même recours à de nombreuses facilités scénaristiques : l'histoire de la maternité d'Ana, la manière dont Janis ne fait rien pour l'empêcher de reprendre sa fille, le côté "sororité" très dans l'air du temps (ah, le t-shirt pro-féministe de Penelope Cruz...). Bref, pour une fois, le cinéaste m'a paru un peu plus lourd et démonstratif qu'à l'accoutumé.

  • Je comprends très bien tes réserves. J'en partage certaines, à un moindre niveau. La (non) réaction au moment de la reprise du bébé m'a paru une facilité à moi aussi. Et il est assez évident, oui, qu'Almodovar a voulu se placer vraiment dans l'air du temps avec ce film. Cela ne m'a pas plus gêné que ça, le fait que le scénario se fasse plus "sentir" non plus car je m'étais un peu ennuyé devant certains de ses tout derniers.

  • Salut Edouard, je n'ai pas tellement aimé le film (malgré ses qualités dramatiques et formelles évidentes) et je vois autre chose que toi dans l'ouverture des tombes finale : l'identification des personnages du film aux morts (via la modernité des costumes des cadavres). Là, la "bienveillance" vis-à-vis de ces personnages va vraiment trop loin !

  • Effectivement, je n'ai pas vraiment ressenti cela. Le dis-tu surtout à cause du dernier plan ? J'avoue qu'il m'a quelque peu gêné d'ailleurs, que je n'ai pas bien saisi sa nécessité/signification.

  • Oui le dernier plan : le pano sur l'intérieur de la fosse commune. On dirait un message : "Mes personnages sont les héritiers des antifranquistes", ce que je trouve sacrément osé, pour ne pas dire obscène !

  • Cela participerait alors d'une volonté d'Almodovar que l'on évoquait ci-dessus avec le doc et qui peut agacer, j'en conviens, celle de montrer qu'il se tient bien du "bon côté".

  • Oui !

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