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bava

  • Danger : Diabolik ! (Mario Bava, 1968)

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    Certes Mario Bava pousse le curseur jusqu'à l'expérimental dans sa façon d'éclairer, de faire vivre un décor futuriste et de monter ses séquences pour provoquer l'etourdissement dans la vitesse. Certes son film est gorgé d'érotisme 60's. Certes son héros maléfique, bien que relativement impénétrable, est éminemment sympathique du fait qu'il ne semble être mû que par le désir de satisfaire sa femme et voir qu'ensemble (John Philip Law et Marisa Mell), entre deux exploits anti-systèmes, ils ne pensent qu'à vivre leur amour fou, cela les rend encore plus défendables. On est donc loin des Fantômas d'Hunebelle, qui venait de frapper trois fois. Mais enfin, il faut être sacrément indulgent pour trouver son plaisir dans la durée devant cet hommage aux serials d'antan passé aux filtres pop. On navigue entre les trouvailles les plus modernes et les effets les plus archaïques (transparences dégueulasses, maquettes ridicules, faux brouillard et fausses explosions...), entre le sérieux de l'inspecteur Michel Piccoli et les exécrables numéros de cabotinage des autres seconds rôles, entre un anarchisme rigolard pour faire politique et une série de péripéties gratuites destinées à détendre sans réfléchir. Si on y croit vraiment très fort, on peut passer au-dessus de tout ça, sinon, mieux vaut revenir à Feuillade (ou retrouver Bava là où il est le meilleur, dans l'horreur). 

  • Six Femmes pour l'assassin (Mario Bava, 1964)

    **
    Le film-matrice du giallo déroule son intrigue de manière finalement très classique, dans un monde bien défini (la haute couture, qui justifie le luxe des décors et la beauté des victimes) et au rythme d'une enquête policière. Même s'il est impossible de déterminer l'identité de l'assassin avant le dernier quart d'heure, tant Bava brouille (ou plutôt multiplie) les pistes, le mode narratif ne déstabilise pas. La stylisation par la disposition d'éléments de couleurs et par les jeux de lumière est plus à même de le faire. Encore que, aux moments des meurtres, elle continue d'accompagner, elle se poursuit sans excès, elle n'atteint pas un paroxysme (comme plus tard chez Argento). En effet (et je ne me le rappelais pas), c'est plutôt la brutalité, la sauvagerie, le "réalisme", la sécheresse (le meurtre dans la baignoire est montré en plein déroulement, sans aucune préparation) de ces violences qui se remarquent, en plus d'un certain érotisme jaillissant à la seconde de la mort ou juste après (typiquement : le déplacement du corps qui dénude partiellement). 

  • Hercule contre les vampires (Mario Bava, 1961)

    *
    Dans le titre français de Ercole al centro della Terra, le mot "vampires" est trompeur, malgré un pré-générique semblant aller dans ce sens et la présence de Christopher Lee, et c'est plutôt le mot "contre" qui est important. Bava tente de mêler les aventures mythologiques et le fantastique, voire même l'horreur, qui lui sont chers. Sauf que la rencontre ne se fait pas vraiment. Hercule et ses compagnons (tous interprétés de manière fastidieuse) paraissent totalement déplacés dans les Enfers tels qu'ils sont dépeints par le cinéaste. Et tout se passe comme si, tel un vampire justement, Bava ne s'épanouissait qu'à l'abri de la lumière du soleil. Ses scènes de jour, en extérieurs, sont anodines et balourdes. Ses scènes de palais inquiétants, de souterrains enfumés et de grottes irréelles d'une grande beauté plastique, avec d'incroyables jeux de couleurs. Hercule les traverse (en jetant plusieurs rochers) comme s'il s'agissait de tableaux, et l'on pense alors aux diableries de Méliès. Comme souvent (toujours ?), la fantaisie antique n'échappe pas au ridicule, ce qui apparaît vraiment dommage lorsque l'on voit notamment la brève mais fascinante attaque d'Hercule par des morts terrifiants sortant de leurs tombeaux.