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30.03.2008

Themroc

(Claude Faraldo / France / 1973)

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1723252567.jpgEntre L'an 01 de Gébé et Doillon et les Ferreri de l'époque, voici Themroc, autre fable politique post-68. Un homme refuse un jour l'abrutissant métro-boulot-dodo que la société lui impose. Quittant l'usine, il rejoint son immeuble, se mure dans sa chambre avec sa soeur et détruit à coup de masse la façade donnant sur la cour. De cette caverne, il ne bouge plus que pour partir chasser la nuit un gibier bien particulier : le CRS. Cette révolte animale se propage au voisinage et culmine dans une orgie dont l'ampleur sonore semble faire vaciller la ville entière et donc la société.

Ce que Themroc partage avec L'an 01 dans sa mise en images d'une utopie, c'est l'humour potache. Les seconds rôles sont tenus par les comédiens du Café de la Gare (Bouteille, Coluche, Dewaere, Guybet, Miou-Miou...), interchangeant les habits d'ouvriers, de flics ou de passants. Quant au lien avec le cinéma de Ferreri, il se fait par la présence de Piccoli et par le choix d'une fable sur un protagoniste qui s'isole pour mieux résister. Il est sûr, cependant, que la mise en scène n'est pas à la hauteur de celle de l'italien. Tout est filmé ici "à l'arrache". Mais surtout un sérieux problème de rythme à l'intérieur des séquences se pose. Une fois l'idée établie, les scènes s'étirent, les plans semblent se répéter sans rien apporter de neuf. Cela ne gêne pas dans l'introduction montrant très bien l'aliénation des groupes d'ouvriers convergeant vers l'usine, mais c'est beaucoup plus embêtant par la suite.

Choix déstabilisant, Themroc est un film sans dialogues. Le début est complètement muet. Ensuite, les séquences à l'usine font entendre des échanges dans un charabia incompréhensible et le personnage de Piccoli finit par ne plus s'exprimer que par grognements, pratique qui gagne tous ceux qui se rallient à sa cause. L'animalité se caractérise ainsi, autant que par la libération des instincts sexuels et territoriaux. En dehors de l'introduction et des dernières scènes (les meilleurs moments), le combat contre la société en place se limite à une lutte contre la police, ce qui ne pousse pas bien loin la réflexion. D'un style approximatif ressortent tout de même quelques intuitions pertinentes : le gendarme testant son autorité devant son miroir, le militaire giflé sans réagir par Piccoli et se vengeant en tabassant un jeune ou la tentative d'étouffement de la révolte par la construction d'un mur. Au milieu de ce foutoir, les acteurs, Piccoli en tête, se donnent à fond.

Publié dans Film | Lien permanent | Commentaires (3) | Tags : faraldo, france, 70s | |  Facebook | |  Imprimer

Commentaires

Ah, moi je l'aime plutôt bien ce film et j'aimerais découvrir "Bof, anatomie d'un livreur" du même Faraldo. C'est le cas typique d'un cinéaste porté par son époque car dès que Mai 68 s'est éloigné, son cinéma a perdu toute vigueur et est devenu assez catastrophique (Cf. "Flagrant désir")

Écrit par : dr Orlof | 30.03.2008

A me relire, je vois que les aspects négatifs l'emportent alors que je ne l'ai pas trouvé désagréable.
Je ne connais pas Faraldo. Tout juste il me semble me rappeller avoir entendu parlé de "Flagrant désir" à l'époque.

Écrit par : Ed | 30.03.2008

J'ai toujours rêvé de voir ce film (je suis un admirateur de l'An 01). Rien que l'idée ...dans un registre plus "classique" mais peut être pas moins subversif, il y a "Les gaspards" de Pierre Tchernia sur une communauté réfugiée dans les catacombes de Paris avec Michel Serrault.

Sinon, Faraldo, j'avais lu le plus grand bien de "Deux lions au soleil" avec Stevenin. mais je le connais mal.

Écrit par : Vincent | 31.03.2008

Les commentaires sont fermés.