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06.02.2008

Gozu

(Takashi Miike / Japon / 2003)

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9bcfc66601a84940a85e4cfba8e94615.jpgDeuxième rencontre en quelques mois avec Takashi Miike, japonais hyper-prolifique, s'étant taillé en 10 ans une solide réputation là-bas et ici de cinéaste culte (donc : méfiance). La vision de Audition (1999) m'avait été assez pénible. Commençant de façon très calme pour se terminer dans le gore, le film s'ingéniait à tromper le spectateur. Les premiers signes de basculement dans la folie de l'héroïne étaient assez flippants (j'ai encore en mémoire cet appartement et ce gros sac au contenu remuant et indéterminé) et débouchaient sur une interminable séquence de mutilation qui personnellement me fit dire : "Ils commencent à me fatiguer ces japonais qui se complaisent à filmer un pied tranché au fil à couper le beurre mais qui ne peuvent pas montrer le moindre poil pubien". Une fin à tiroir, réalité / rêve / puis non finalement réalité, finissait de réduire à presque rien mes bonnes dispositions de départ.

Refroidi mais pas découragé, j'ai tenté une seconde expérience avec Gozu, film assez réputé et très différent du précédent (Miike changeant régulièrement de registre pour chacun de ses 4 ou 5 longs-métrages tournés chaque année). Disons-le de suite, je ne suis plus refroidi, je suis glacé. Gozu est un film-rêve dans lequel un yakuza chargé d'éliminer son boss voit le cadavre de celui-ci disparaître sans explication pour se rematérialiser ensuite à travers le corps d'une belle femme. Au gré de séquences incongrues, si l'on peut certes penser à Lynch, à Cronenberg et pourquoi pas à Bunuel, c'est bien pour se lamenter devant la langueur du rythme, la laideur d'une photographie baignée de teintes orangées, l'impossibilité d'élever le mauvais goût vers la subversion, la mise en scène à la va-vite se contentant de quelques plans aux procédés très voyants (discussion filmées de très loin, derrière une vitre ou d'un plafond etc...), et l'emploi du grotesque virant régulièrement au ridicule. Moins sombre que Audition, Gozu n'inquiète jamais vraiment, gardant quelques traces de comique (supposé) jusque dans ses moments les plus trash, tel cet affrontement entre le héros et le chef de clan se terminant par la mort de ce dernier, celui-ci ayant bêtement oublié qu'il avait un ustensile de cuisine enfoncé dans l'anus (c'est le seul moyen qu'il a d'avoir une érection pour honorer ses partenaires féminines) et qu'il pouvait tomber en arrière dans la lutte. Voilà, voilà... que dire ? Une séquence assez intéressante, lors de la première nuit passée avec la femme Aniki, doit beaucoup à Cronenberg et le dénouement, interminable lui aussi, doit beaucoup à Lars von Trier (la femme qui accouche d'une homme dans The Kingdom). Bon, je crois que je n'aime pas tellement le cinéma de Monsieur Miike. Un petit tour rapide ce matin dans les archives de gens de bonne compagnie m'a laissé entrevoir des avis nettement plus bienveillants (Neil sur Gozu, Orlof sur Visitor Q). Je ne classerai donc pas encore le dossier sans suite.

Publié dans Film | Lien permanent | Commentaires (2) | Tags : miike, japon, fantastique, 2000s | |  Facebook | |  Imprimer

Commentaires

A vrai dire, je n'ai vu que "Visitor Q" de Miike et ce film m'a paru tellement déjanté que j'avoue ne toujours pas savoir si c'était très mauvais ou très bon!
Selon la formule consacrée, nous dirons que c'est un cinéaste "qui ne laisse pas indifférent"!

Écrit par : Dr Orlof | 06.02.2008

Je ne peux pas nier que j'apprécie assez ce cinéaste qui revendique haut et fort son mauvais goût. Et je comprends aussi ta réaction.
Moi j'ai pris Gozu au xieme degré, et ce bon vieux coup de pied dans la fourmilière du bon goût m'a bien fait marrer.
Attention, je n'aime pas tout, et je me suis un peu emmerdé devant, certaines scènes mais certaines choses, en particulier cet univers bizarre voire barré dans lequel baigne le film m'ont bien plu.
Un ami inconditionnel du réalisateur me conseille aussi Visitor Q, je crois que je vais me laisser tenter par l'expérience.

Écrit par : neil | 06.02.2008

Les commentaires sont fermés.