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13.03.2012

Bullhead

bullhead1.jpg

J'étais très curieux, après avoir lu et entendu tant d'éloges, de découvrir Bullhead mais au final, si je comprends que ce film puisse faire son effet et que l'on salue le belge Michael Roskam pour ce premier long métrage, je renâcle à suivre ses laudateurs.

La plupart des critiques ont applaudi l'audace du cinéaste. Certes, des ralentis à la caméra renversée, des flash-backs à la musique quasi-sacrée, il ne se refuse pas grand chose. Pour autant, cet usage décomplexé des divers procédés cinématographiques s'accompagne tout de même d'une grande lourdeur, chaque effet de mise en scène étant destiné à forcer le regard et la pensée du spectateur, tout comme l'écriture du scénario. On peut toujours dire que le style s'accorde au sujet, une histoire criminelle dans un milieu agricole où la mafia a ses entrées grâce au trafic d'hormones, mais à ce moment-là, allons au bout de cette logique et admettons que Bullhead est bel et bien un film gonflé aux produits dopants, soit une œuvre rendue artificiellement productive, boursouflée dans sa construction, interminable (plus de deux heures) et avançant d'un pas de pachyderme.

Le début du film promet une structure éclatée mais de cette dispersion ne découle aucune liberté pour le spectateur. Aucune image ni aucun dialogue ne se livre délesté d'intention voyante, aucun plan ne s'étire pour laisser cheminer autre chose que ce que veut absolument nous dire le cinéaste. Le récit progressant par révélations et éclaircissements successifs, nous nous rendons compte que finalement, il n'y a pas de séquence qui ne serve à fournir une explication. Il est assez étrange de constater à quel point ce film sur l'instinct et le désir repose sur des données psychologiques, étalées notamment à partir de l'illustration, longue et répétée, d'un traumatisme initial subi par le héros, alors enfant, et remuant toujours son entourage. Ce fondement narratif n'a rien de neuf et n'échappe pas plus qu'ailleurs à la balourdise. De plus, cette manière d'appréhender le personnage se retrouve avec tous les autres : le moindre caractère se doit d'être éclairé crûment, à un moment ou un autre, par un geste significatif, une situation ou une réminiscence. Le plus souvent, c'est une frustration sexuelle qui est dévoilée.

Bien sûr, Michael Roskam sait filmer et sait ce qu'il veut. Avec ces corps qui remplissent le cadre jusqu'à ressembler effectivement à du bétail, le film en impose. La performance physique est la règle. L'animalité est la grande affaire. Mais je me suis demandé devant ce spectacle s'il était utile ou souhaitable de dépenser tant d'énergie à vouloir raconter avec beaucoup d'intelligence l'histoire de gens qui, manifestement, en manquent cruellement. Roskam a certainement pensé s'en sortir par la voie du symbolisme. Son naturalisme veut s'élever (voir la séquence, "brutalement convenue", de la naissance du veau) mais ne procure que du choc.

Viscéral, Bullhead pèche aussi dans le rendu de la violence, omniprésente. On a déjà vu de plus grandes horreurs sur un écran. Mais elles passaient mieux quand elles étaient réellement cadrées, quand elles étaient intégrées à un système qui interrogeait l'idée de représentation (chez Thomas Clay, chez Ulrich Seidl ou chez Haneke parfois). Ici, c'est de la sensation brute, de l'effet qui ne vise qu'à une seule chose. Décrivant un univers en état de déliquescence intellectuelle et morale, installant une ambiance de fin du monde, Bullhead me semble faire du chantage à la noirceur et se transformer en véritable film dirigiste, ce qui, en soi, n'est pas forcément condamnable si le contrat passé avec le spectateur le stipule dès le départ. Ici, ce n'est pas le cas. L'œuvre se présente comme ouverte et nouvelle, alors qu'elle est en fait totalement refermée, rigide et contraignante.

Bref, j'en suis désolé mais je ne vois pas en quoi Michael R. Roskam serait le fils de Martin Scorsese, le frère de Jacques Audiard ou le cousin de Nicolas Winding Refn. Selon moi, Bullhead est seulement, l'Incendies de 2012.

 

****

bullhead00.jpgBULLHEAD (Rundskop)

de Michael R. Roskam

(Belgique / 125 min / 2011)

Publié dans Film | Lien permanent | Commentaires (15) | Tags : roskam, belgique, polar, 2010s | |  Facebook | |  Imprimer

Commentaires

OK, je ne lis que la note : 1/4, je reviendrai commenter. Ce film est la grande surprise de l'année, peut-être pas sur un mode majeur, mais il est singulier, la tragédie du personnage central m'a touché. Quel acteur, le film tourne autour de lui et c'est, pour ma part, amplement réussi.

Écrit par : Julien | 15.03.2012

En lisant, tu risques donc de frôler l'infarctus... D'ailleurs, je me suis fait violence pour mettre une étoile, tant le film m'a agacé.

Écrit par : Edouard | 16.03.2012

Une seule phrase suffit, pour moi, à considérer que tu es passé à côté du film : "l'histoire de gens qui, manifestement, en manquent cruellement"... Je ne sais pas pourquoi tu t'es concentré sur la partie "polar" du film et que tu ne développes pas plus le sujet principal du film qui est avant tout, selon ma perception, l'histoire d'un personnage tragique. Oui le pari est osé, et aurait pu verser dans le ridicule. Franchement, proposer un film à partir d'un personnage qui s'est fait éclater ses testicules, c'est déjà une belle prise de risque. Sur le traitement du film, je ne dirai pas mieux que toi, ma critique serait juste plus positive. Mais écrire que les gens (incluant donc le personnage central) manquent cruellement d'histoire, c'est un peu rude. Ca doit s'appliquer à 99 % de la production cinématographique mais là, non au contraire (au moins Vanmarsenille). Quand tu réduis la tentative de rédemption amoureuse de Vanmarsenille à de la frustration sexuelle, au secours ! Tu as raison, je frôle la crise cardiaque. Cet être de muscles, avec son visage impassible (parfaitement bovin), qui ne peut pas avoir ce qui a été donné à chacun, qui cache sa douleur sous des allures de gros rustaud (le tout dans un climat de Flandres, de boue et de ciel menaçant) et qui n'aspire à rien d'autre que de retrouver son amour d'enfance, dans une tentative tragique de retour en arrière... Difficile de comparer ce film avec le tout-venant de la production cinématographique actuelle. J'ai été touché par l'acteur et le personnage. C'est pour moi l'argument premier du film (cette gueule, cette montagne de muscles, ce jeu animal qui correspond bien à ce qu'il dit avoir toujours connu : le bétail, cette trajectoire absolument dramatique, cette recherche d'amour - aussi souple qu'un éléphant dans un magasin de porcelaine, le mimétisme absolu entre ce qu'il est et ce dont il s'occupe, etc.).

Sur un sujet aussi casse-gueule et, en même temps, aussi singulier, il suffisait d'un traitement cinématographique a minima. Selon toi, le pari est loupé : trop d'effets de caméra, trop d'explicite, trop de tout. Là encore, je n'ai pas vu le même film. Une fois les éléments du drame mis en place, il y a une seconde partie vengeresse, cathartique, pathétique, qui se termine immanquablement dans le sang et la mort. Il y a un basculement du film qui, à mon avis, en fait la force. A la limite, je pourrais te concéder un mélange des genres, un film un peu brouillon qui semble nous aiguiller sur du polar et qui finit par se concentrer sur son personnage principal et sa quête de rédemption (tu parlais de Scorsese ?). Mais les plans sont très beaux, le matériau de Flandres est bien utilisé. Certaines photos évoquent Rembrandt, l'école hollandaise. Tout cela sert le film et son personnage, c'est une tragédie encore une fois, pas un polar, pas un film dans l'air du temps. C'est Shakespearien, c'est l'Homme qui Rit de Victor Hugo ou le Bossu de Notre-Dame ! En sortant de Bullhead, j'ai pensé aux grands classiques de la littérature et de ces personnages qui ont marqué mon imaginaire bien plus qu'à une comparaison avec ce qui sort sur nos écrans en ce moment.

Alors oui, comme je te l'ai écrit, c'est sans doute un film brillant sur un mode mineur, qui n'atteint pas des sommets de mise en scène et qui peut difficilement prétendre au rang de chef-d'oeuvre (et on sait la difficulté qu'on a toujours à procéder à ces classements de films dans cette catégorie) mais de là à bouder son plaisir et à ne pas reconnaitre les qualités viscérales, animales, tragiques de cette écriture et de ce personnage, je trouve que c'est... dommage pour toi. Je pense que je n'oublierai pas ce film de si tôt et qu'il a de bonnes chances de se retrouver dans mon classement de fin d'année. je ne m'attendais pas à ça, vraiment.

Comme l'écrit un critique de Télérama (oui, désolé) : "il y a quelque chose de pourri au royaume de Belgique". Et c'est sans doute une des autres forces de ce film, d'arriver à le situer dans un contexte historique et politique précis (la ligne de démarquation entre deux peuples qui se cotoient sans s'entendre).

En bref, tu le pressentais : le film qui me fait enfin réagir cette année, qui provoque quelque chose et qui ne laisse pas indifférent.

Écrit par : Julien | 16.03.2012

Désolé pour la confusion Flandres / Belgique. Deux pays qui partagent pas mal de points communs (et traitement de l'image qui m'a fait penser à Rembrandt).

Écrit par : Julien | 16.03.2012

Ah, j'ai encore des choses à dire sur ce film. Tu dis que le procédé de narration est éculé. C'est vrai qu'on peut remonter loin : Angels with dirty faces de Michael Curtiz (ou plus récemment : Mystic River). Ce qui compte, bien sûr, ce n'est pas le procédé, c'est ce que l'on en fait et s'il sert le propos du film. Pour moi la narration est un point fort, de même que le mélange des genres dont je te parlais plus haut. Bullhead, je le redis, n'est pas un polar ou un thriller, c'est une tragédie ou, si l'on préfère, un mélodrame étrange et beau (étrangement beau ?).

Et quand je te parle de tragédie en citant Shakespeare, ce n'est pas au hasard. Ce grand auteur utilisait déjà un savant mélange de comédie et de dramaturgie sanglante. On peut se demander, parfois, ce que vient foutre ce "couple" de wallons crétin, il fonctionne comme une soupape, exactement comme certaines situations dans Hamlet, par exemple.

Et la manière qu'a Schoenaerts de filmer son acteur principal, le regard qu'il lui porte, cette compassion, cela ne t'a pas touché ? Je reviens encore sur cet acteur, il est magnifique, magistral, taillé sur mesure pour le film ! Ce mélange de muscles monstrueux et ce regard d'enfant perdu est "sublimé" par la caméra de Schoenaerts. On sent un projet, une inspiration : rare sont les films qui ont été taillés pour un acteur et qui ont réussi à atteindre cette intensité (si on écarte tous les films qui n'ont été que des prétextes commerciaux).

Vraiment, selon moi la part de réussites que déploie le film est très largement supérieure aux quelques petites maladresses éventuellement soulignées par un regard un peu trop critique. C'est un grand et beau film, singulier, triste, attachant. Une réussite dont même les petits défauts rajoutent une petite touche d'authenticité, de proximité avec le sujet et le personnage.

En fait, plus j'en parle et plus je me rends compte que ce film m'a touché et que je l'ai aimé sans modération : l'objectivité (ou la tentative d'être objectif) me permet de voir ses défauts mais ces défauts n'emporte pas la beauté tragique que j'y ai trouvé dans son ensemble.

Écrit par : Julien | 16.03.2012

Je ne voulais pas dire que ces gens sur l'écran manquaient "d'histoire" mais manquaient "d'intelligence". Leur histoire, le poids de leur passé, évidemment qu'il est présent et on le sent d'ailleurs beaucoup trop. Et cela ne touche pas qu'au personnage principal. L'ami et la femme aimée ont ces regards lourds qui ne cessent de dire ce poids-là. Eux aussi, ils ne semblent vivre sur l'écran que dans une dimension, en rapport avec leurs frustrations, elles-mêmes liées à leurs traumas d'enfance. Et je parle donc de ces frustrations car elles concernent tous les personnages, pas seulement le premier d'entre eux.
Pour revenir à ma première phrase de ce commentaire, oui, j'ai été frappé par la crétinerie généralisée. Le cinéaste a l'air fasciné par ça. Il en fait un véritable moteur, dramatique (le débile qui agresse), comique (les garagistes) et émotionnel (le héros du film). On ne peut pas dire non plus que l'actrice soit gâtée par la façon dont elle est filmée de près. Bullhead, c'est un peu la banderole anti-chtis des supporters du Parc des Princes mais en moins drôle...
Je n'ai pas l'impression de focaliser uniquement sur l'aspect polar. Mais Roskam a souhaité de toute façon inscrire son film pleinement dans le genre, espérant bien sûr se singulariser par la dimension tragique. Et si je n'ai pas plus développé que ça cette idée, c'est que le film m'a épuisé à cause de cela. Cet éternel retour vers le trauma, toutes ces explications sur le pourquoi de chaque situation (il se drogue parce qu'on lui a donné de la testotérone plus jeune et on lui en a donné parce qu'il a eu les couilles écrasées etc...).
Quant à l'acteur, qui ressemble à un Ribéry qui se serait mis au catch (ou, si on est plus gentil, à un Thom Yorke bodybuildé), il ne m'a pas touché (la comparaison avec le De Niro de Raging Bull s'arrête vraiment au nombre de kilos pris), pas plus que le regard que porte sur lui le cinéaste. Regard compassionnel, certainement. Mais on est absolument forcé d'adopter le même, à tout moment. On n'a pas le choix et aucun recul. C'est aussi pour cela que le film me déplaît et que je le rapproche d'Incendies. Les traumatismes qui soutiennent ces deux récits sont présentés avec tant de complaisance (et pour moi de fausse virtuosité narrative) qu'ils nous obligent à nous émouvoir, à être plein de compassion.

Écrit par : Edouard | 16.03.2012

Ce sera donc notre grand désaccord cette année. Tu n'es visiblement pas entré dans le film, ce sont des choses qui arrivent. Ton regard est très dur, ça sent le réactionnel même si tu l'expliques très bien. Les films qui divisent à ce point, en général, ne sont jamais si bons ou si mauvais mais, au moins, plus ambigus qu'on ne pourrait le croire de prime abord.
Sur ce, je file voir Elena.

Écrit par : Julien | 18.03.2012

Certainement, mieux vaut un film qui divise qu'un film qui laisse mollement indifférent.
Et puis Nightswimming n'est pas une revue de cinéma. Je ne peux voir finalement qu'une poignée de film et disons que j'essaie de piocher au maximum dans le petit pourcentage représentant ceux qui valent le coup. Donc si tu veux te rassurer, tu peux te dire que je mets seulement 1 sur 4 à Bullhead mais qu'il y aura toujours derrière lui une grande masse d'œuvrettes... :)

Écrit par : Edouard | 18.03.2012

Rebonjour Edouard, j'ai aussi vu ce film à cause des louanges par ci par là et il a été nommé aux Oscars cette année (je me demande bien pourquoi). J'avoue ne pas avoir compris grand-chose à l'histoire purement policière. Le drame de cet homme émeut mais c'est étouffant et je ne sais pas trop ce qu'a voulu raconter le réalisateur. Les scènes où Jacky s'injectent des hormones m'ont paru insupportable, on souffre pour lui. Bonne après-midi.

Écrit par : dasola | 19.03.2012

Emu
Je suis sorti hier soir très ému de la projection de ce film.
Merci Edouard, merci Julien; je rejoins bien volontiers Julien sur toutes les forces de ce film,son acteur, son scénario, son mélange d'histoires et de registres.. tant de choses m'ont épaté et ému! Et j'ai été très touché par la remarque finale d'Edouard: j'ai moi aussi pensé à "Incendies" en me levant de mon siège; deux tragédies donc; mais une belle tragédie n'est elle pas un exercice d'équilibriste, entre force et "pompe" (au sens de pompier, ou "Pomp and Circumstance", et pas les pompes que doit pratiquer Jacky)?
Saint Cloud béret basque

Écrit par : François | 28.03.2012

Je ne suis pas sûr de tout saisir dans votre commentaire (je n'aime ni Bullhead ni Incendies) mais merci quand même, François.

Écrit par : Edouard | 28.03.2012

"Bullhead est bel et bien un film gonflé aux produits dopants, soit une œuvre rendue artificiellement productive, boursouflée dans sa construction, interminable (plus de deux heures) et avançant d'un pas de pachyderme.". Pas mieux. Mais que diable, allais-je faire dans cette galère ?
Au final, je ne sauve rien (et surtout pas le final !). Quelques intentions d'intentions au début, qui auraient pu dériver vers un film... mais le faiseur sait soigneusement éviter cela.
Sans doute le film, avec lequel je resterai de méchante humeur cette année :-)

Écrit par : D&D | 30.03.2012

D&D, je pense également que cet écart entre la réception critique, voire publique, et mon propre ressenti va être difficilement surpassable cette année...

Écrit par : Edouard | 02.04.2012

Je suis sortie de la salle avec un mot: Lourd! Belles images, un premier rôle extrêmement bien interprété, ce film aurait pu peut-être être un grand film avec un peu plus de finesse. Je ne pense pas qu'il soit obligatoire que le scénario soit à l'image de ce qu'il traite,. . Ce que j'aime est tout de suite amoindri par une balourdise. Par exemple j'ai trouvé intéressant cet homme se laissant voir et ressentir par le spectateur progressivement comme les animaux dont il vit ,(d'ailleurs il meurt comme eux) mais pourquoi le souligner par une phrase «je n'ai connu que les bœufs et je me sens comme eux» Merci j' avais compris. et tout est un peu à l'instar de cet exemple.
Des personnages complètement enfermés dans leur destin, sans une once de résilience, Le méchant du début tout de même puni (par quoi, le saint esprit catholique?), des filles un peu bébêtes, des mères inexistantes et des francophones sortis d'un autre film (même si je trouve pas mal l'interprétation du contrepoint dans la tragédie shakespearienne) donnent l' impression d'un collectif un peu bizarre, légèrement arriéré. Est-ce voulu? et la phrase en exergue, c'est pas lourd ça? je me souviens pas exactement, quelque chose comme on est toujours couillonné.

Écrit par : françoise chemla | 09.04.2012

Apparemment, nous sommes exactement sur la même longueur d'onde, Françoise. Et en effet, on peut se dire qu'avec ces premiers mots en "off", le film démarre bien mal. Cette amorce est à l'image du film entier.

Écrit par : Edouard | 10.04.2012

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