Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

  • Sur l'Adamant (Nicolas Philibert, 2023)

    ***

    Plutôt saisi par le nouveau doc de Nicolas Philibert, "Sur l'Adamant", qui oscille entre directif et non directif comme entre folie et normalité, et qui s'appuie joliment sur l'idée de perméabilité à partir du lieu lui-même, ouvert, et de sa situation dans la ville, pour la prolonger notamment par le maintien des bruits extérieurs.

  • Amarcord (Federico Fellini, 1973)

    **

    Décidément pas un fanatique de "Amarcord", le trouvant à nouveau inégal, avec autant de moments magiques en suspension que de passages plus pénibles, la plupart de ces derniers concernant les souvenirs d'école graveleux et les recentrages sur la famille, peu attachante. Mes préférences vont ici aux scènes de groupe, de foule, de célébration, avec une caméra qui pourrait se mettre à suivre n'importe qui juste pour son apparence, sa "trogne". On est constamment dans l'entre-deux, entre souvenirs et fantasmes, entre narration "objective" et commentaire, entre enfance et âge adulte, entre décor factice et décor réel. Et surtout, on est entre deux films, eux, immenses, le film-monde "Roma" et le film mortel "Casanova". "Amarcord, c'est trop et trop peu" écrivait Lorenzo Codelli en conclusion de sa critique de trois pages dans lesquelles il étalait sa déception, à une époque (1974) où Positif ne cherchait pas à chouchouter systématiquement les grands noms.

  • The Quiet Girl (Colm Bairead, 2022)

    **

    Film qui calcule un peu trop (un peu trop formaliste et un peu trop artificiellement cachotier sur le secret qu'il recèle) mais qui donne à voir d'un bout à l'autre de très beaux plans, tirant parti d'un cadre presque carré qui concentre l'attention sur le sujet sans disperser et qui fait tenir à l'intérieur les personnages de façon très singulière, en premier lieu bien sûr l'épatante petite Catherine Clinch.

  • Désordres (Cyril Schaüblin, 2022)

    ****

    Magnifique "Désordres", qui emmène autre part, dans un autre temps, d'une autre façon. Son principe d'alternance entre deux échelles, vues éloignées (et décadrées) et vues très rapprochées, donne un rythme envoûtant à des scènes toujours très simples. Le petit miracle est que cela n'apparaisse jamais rigide ni contraignant. D'ailleurs, une troisième échelle est admise, avec des plans "intermédiaires" de visages aussi admirables que les autres, notamment parce que la mise en scène a l'intelligence de ne jamais rester uniquement sur celle ou celui qui parle et d'aller régulièrement voir celle ou celui qui écoute, ce qui donne cette impression forte (avec le travail sur le son et l'absence de personnage principal) d'une vie fourmillant tout autour, malgré le cadre restreint. Sans parler de l'intérêt historique, de l'humour étrange, du mélange des langues, du côté méta-cinématographique via la photographie... Grande découverte.