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02.11.2009

Je suis heureux que ma mère soit vivante

(Claude et Nathan Miller / France / 2009)

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jesuisheureux.jpgMisère du cinéma français du milieu, rentrée 2009, épisode 2 (*)

Décrire de façon troublante les retrouvailles d'un jeune homme avec sa mère, quinze ans après son abandon, comme une passion amoureuse est plutôt une bonne idée. C'est la seule à se détacher de Je suis heureux que ma mère soit vivante, film qui n'a pour lui que sa relative brièveté (90 minutes).

Nous sommes dans un drame PSYCHOLOGIQUE, au sens Stabilo du terme. C'est à dire que dès la première séquence, celle de la baignade estivale entre père et fils (adoptif), tout concourt à nous faire sentir qu'il y a du lourd en train de se jouer là : de l'étrangeté dans le quotidien, du secret familial pesant, du traumatisme qui affleure, des regards intenses, des dialogues appuyés. Pas une scène, pas un plan dans ce film qui ne soient écrasés par du sur-signifiant. Le seul moment qui échappe à cette fatalité est celui où la violence éclate, de manière totalement inattendue. Pour un instant, l'étude psychologique se suspend enfin... avant de reprendre son cours.

A l'inscription sociale des personnages, on ne croit pas un instant (à côté, le Rickyde François Ozon passerait pour du Ken Loach). Bien évidemment, les auteurs clament qu'il était hors de question de porter un jugement. Or, dans la façon de la regarder, de la faire bouger ou parler, il n'est laissé aucune chance à la mère "indigne", qui ne peut que provoquer l'apitoiement du spectateur (comparez avec le personnage similaire interprété par Kierston Warreing dans le récent Fish tank). De toute manière, tous les acteurs sont affreusement dirigés et la mise en scène n'a aucune grâce.

Auteur passionnant pendant ses quinze premières années d'activité, Claude Miller ne cesse de s'enliser depuis quelques temps dans un cinéma de papa où l'âpreté des sujets est relayée par une réalisation pachydermique et déprimante. L'association avec son fils Nathan n'a rien changé à l'affaire : après La petite Lili et Un secret, il réalise une troisième horreur d'affilée.

 

(*) : Pour l'épisode 1, voir ici.

Un avis voisin : Rob Gordon

Un avis opposé : Goin' to the movies

Publié dans Film | Lien permanent | Commentaires (2) | Tags : miller, france, 2000s | |  Facebook | |  Imprimer

Commentaires

Bonjour Ed, je n'ai pas vu ce film ci (le sujet me paraît intéressant) mais je suis comme toi, je n'ai pas aimé La petite Lily et Un secret: films ratés et épouvantable. Le dernier que j'ai bien aimé c'était Betty Fisher avec Kibelain et Nicole Garcia. Bonne journée.

Écrit par : dasola | 16.11.2009

Je suis du même avis, Dasola : il faut remonter à "Betty Fisher" pour trouver un bon Miller (souvenir d'un film assez étonnant, tout en ruptures de ton). Bonne journée à toi.

Écrit par : Ed | 16.11.2009

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