
13 aveux, 13 façons de se mettre à nu.
A ma suite, j'invite chacun de vous à se laisser aller sans honte ni soucis du qu'en-dira-t-on et à jouer à ce petit jeu, en choisissant dans votre cinémathèque imaginaire. Réponses multiples et propositions de nouvelles catégories sont possibles (mais évitons les moqueries qui inhiberaient les plus pudiques).
J'ouvre la séance de thérapie de groupe :
1- Plaisir inavouable : Le voyage de Natty Gann(Jeremy Paul Kagan)
2- Classique ennuyeux : Drôle de drame (Marcel Carné) / La chambre verte(François Truffaut) / La prise du pouvoir par Louis XIV(Roberto Rossellini)
3- Adoré à l'adolescence puis abandonné : Outsiders (Coppola) / Angel heart(Alan Parker)
4- Chef d'oeuvre méconnu : Acte de violence(Fred Zinnemann)
5- Navet génial : Plan 9 from outer space(Ed Wood)
6- Film détestable : La dernière maison sur la gauche(Wes Craven) / C'est arrivé près de chez vous(Belvaux-Bonzel-Poelvoorde) / Irréversible(Gaspar Noé)
7- Pleurer à chaque fois : Le Kid(Charlie Chaplin) / Le voleur de bicyclette(Vittorio De Sica)
8- Mourir de rire à chaque fois : Quand l'inspecteur s'emmêle(Blake Edwards)
9- Etre émoustillé à chaque fois : Claudette Colbert (Cléopatre) / Catherine Deneuve (Belle de jour) / Naomi Watts-Laura Harring (Mulholland Drive)
10- Cahiers du Cinéma, Positif ou ni l'un ni l'autre : Positif
11- Cinéaste trop vanté : Cukor / Fassbinder
12- Sainte trinité : Lang / Bunuel / Kubrick
13- Entrée en cinéphilie : Les ailes du désir (Wim Wenders)
Par Sébastien Carpentier :
1- Plaisir inavouable : Moulin rouge ! (Luhrmann)
2- Classique ennuyeux : Noblesse oblige (Hamer)
3- Adoré à l'adolescence puis abandonné : Lost highway (Lynch)
4- Chef d'oeuvre méconnu : Lenny (Fosse)
5- Navet génial : Turkish Star wars (Inanç)
6- Film détestable : La vie est belle (Benigni) / C’est arrivé près de chez vous (Belvaux, Bonzel & Poelvoorde)
7- Pleurer à chaque fois : Ladybird (Loach)
8- Mourir de rire à chaque fois : L’impossible Monsieur Bébé (Hawks)
9- Etre émoustillé à chaque fois : une scène particulière de La prisonnière (Clouzot)
10- Cahiers du Cinéma, Positif ou ni l'un ni l'autre : l’un et l’autre pour leurs qualités respectives, l'un et l'autre malgré leurs défauts respectifs.
11- Cinéaste trop vanté : Jean-Luc Godard
12- Sainte trinité : Kazan / Kieslowski / Kubrick
13- Entrée en cinéphilie : En compagnie des hommes (LaBute)
Par Ludovic :
1- Plaisir inavouable : L’île aux trente cercueils(Marcel Cravenne) et les films avec Marylin Jess.
2- Classique ennuyeux : Blow up (Antonioni) malgré tout le bien que je pense de ce réalisateur et les admirables déclinaisons proposées par de Palma ou Argento.
3- Adoré à l'adolescence puis abandonné : le cinéma de David Lean.
4- Chef d'oeuvre méconnu : Allonsanfan (les Taviani)
5- Navet génial : Sailor et Lula (Lynch)
6- Films détestables : Sitcom (Ozon), Rois et reines (Desplechin), 21 grammes (Inarritu), Collision (Haggis), Tout sur ma mère (Almodovar), Munich (Spielberg)...
7- Pleurer à chaque fois : Les lumières de la ville (Chaplin), Sweet sixteen (Loach), Pain et chocolat (Brusati)
8- Mourir de rire à chaque fois : A part Europa de Lars von trier, chacun des films joués ou réalisés par Jean-Marc Barr.
9- Etre émoustillé à chaque fois : Donna Reed dans La vie est belle (Capra) ; Marylin Monroe dans La rivière sans retour (Preminger), Regina Hall dans Secret Paris (Andrew Blake) ; Juliette Binoche dans Le Hussard sur le toit (Rappeneau), Magali Noël dans Amacord (Fellini)...
10- Cahiers du Cinéma, Positif ou ni l'un ni l'autre : depuis 1995, ni l’un ni l’autre.
11- Cinéastes trop vantés : Eastwood/ Lynch/ Moretti/Truffaut/Honoré...
12- Sainte trinité : Rohmer/Loach/Bresson (mais en bon lecteur d'Abellio, je vous propose plutôt un sénaire-septénaire, en ajoutant Fellini/Greenaway/Franju puis chapeautant les 6, Godard).
13-Entrée en cinéphilie : Mauvais sang de Léos Carax (1986)
Par Dr Orlof :
(version intégrale ici)
1- Plaisir inavouable : Films de Russ Meyer, Jean Rollin, Jesus Franco et José Bénazéraf.
2- Classique ennuyeux : Hôtel du nord (Marcel Carné) / La traversée de Paris (Autant-Lara) / Le guépard (Visconti)
3- Adoré à l'adolescence puis abandonné : Merci la vie (Blier) / The Wall (Alan Parker)
4- Chef d'oeuvre méconnu : Elle s’appelait scorpion de Shunya Ito.
5- Navet génial : Sénéchal le magnifique de Jean Boyer avec Fernandel
6- Film détestable : Dobermann (Jan Kounen) / Le vieux fusil (Enrico) / La liste de Schindler (Spielberg), Chute libre (Schumacher), Chantage de femmes (Michel Ricaud) et les œuvres complètes de Michael Youn ! (il y en a d’autres…)
7- Pleurer à chaque fois : L’aventure de Madame Muir (Mankiewicz)
8- Mourir de rire à chaque fois : The party (Blake Edwards)
9- Etre émoustillé à chaque fois : La bête de Borowczyk
10- Cahiers du Cinéma, Positif ou ni l'un ni l'autre : Ado Kyrou/Robert Benayoun et Serge Daney/Luc Moullet : oui ; Michel Ciment, Jean-Michel Frodon et Emmanuel Burdeau : non !
11- Cinéaste trop vanté : Clair/ Carné/ Autant-Lara/ Rosi/ Losey/ De Sica/ Scola/Michael Mann/Spielberg/Shyamalan/Christophe Honoré
12- Sainte trinité : Lynch/ Buñuel / Resnais
13- Entrée en cinéphilie : A nos amours (Pialat) et Trop belle pour toi (Blier)
Par Joachim :
(version intégrale ici, beaucoup plus longue)
1- Plaisir inavouable : Des séquences de Peur sur la ville (Henri Verneuil), des Sous-doués, de L’aile ou la cuisse (Claude Zidi), du Come-back, Planète terreur
2- Classique ennuyeux : Sonate d’automne (Bergman), Plan 9 from outer space (Ed Wood), Women (Cukor), La Salamandre (Alain Tanner)
3- Adoré à l'adolescence puis abandonné : Buffet froid (Blier) et Le nom de la rose (Jean-Jacques Annaud)
4- Chef d'oeuvre méconnu : Travail au noir (Jerzy Skolimowski), deux films d’Iosseliani : Il était une fois un merle chanteur et Pastorale, et le premier film américain de Milos Forman : Taking off.
5- Navet génial : Cannonball run (Hal Needham 1981), Ces merveilleux fous volants dans leurs drôles de machines (Ken Annakin 1965), La course à la mort de l’an 2000 (Paul Bartel), Rock n’ roll high school (Alan Arkush 1979), Femme Fatale (Brian de Palma), Sauve qui peut (la vie) (Jean-Luc Godard), Labyrinthe des passions (Almodovar)
6- Film détestable : Podium (Yann Moix), Merci la vie (Bertrand Blier)
7- Pleurer à chaque fois : In the mood for love (Wong Kar Wai) et la mort du grand-père dans Taste of tea (Kastuhito Ishii)
8- Mourir de rire à chaque fois : Les scènes de comédie, mais aussi les séquences de kung-fu, de manga et l’enregistrement de la chanson pop dans Taste of tea (Katsuhito Ishii), Annie Hall et Broadway Danny Rose (Woody Allen)
9- Etre émoustillé à chaque fois : Deborah Unger dans Crash (Cronenberg), les scènes d’amour saphique dans Mulholland Drive (Lynch), la deuxième partie de Blissfuly yours (Apichatpong), la scène du baiser dans Une partie de campagne (Jean Renoir).
10- Cahiers du Cinéma, Positif ou ni l'un ni l'autre : Impossible de passer un mois sans jamais jeter un œil sur les sommaires de leurs numéros.
11- Cinéaste trop vanté : Cukor, Mc Carey...
12- Sainte trinité : Bresson / Resnais / Pasolini et pour le cinéma récent: Gus van Sant / Kiarostami / Cronenberg
13- Entrée en cinéphilie : Mon oncle (Jaques Tati) et Thérèse (Alain Cavalier)
Par Hyppogriffe
1- Plaisir inavouable : un certain nombre de films d’horreur contemporains dont je ne me souviens plus des titres et que je ne reverrai sans doute jamais
2- Classique ennuyeux : Citizen Kane
3- Adoré à l'adolescence puis abandonné : Le Sacrifice de Tarkovski
4- Chef d’œuvre méconnu : Fat City de Huston
5- Navet génial : M.A.S.H.
6- Film détestable : il y en trop, je ne sais pas. Pour s’en tenir à ces dernières années : au choix, La Petite Lili de Miller ou Rois et reine de Desplechin.
7- Pleurer à chaque fois : à Ordet
8- Mourir de rire à chaque fois : L’impossible Monsieur Bébé de Hawks, tout comme Sébastien
9- Etre émoustillé à chaque fois : je cherche encore. Je ne suis jamais purement et simplement émoustillé à la vision d’une scène de film, il y a toujours autre chose
10- Cahiers du Cinéma, Positif ou ni l'un ni l'autre : ni l’un ni l’autre, c’est fini, tournons la page, inventons autre chose.
11- Cinéaste trop vanté : il y en a des tas, non ? Mais la palme revient à Eastwood, qui l’aura violemment disputée à Spielberg et à Scorsese.
12- Sainte trinité : Ford, Dreyer, Stroheim
13- Entrée en cinéphilie : Une femme sous influence de Cassavetes
Par Vincent
(version intégrale ici)
1- Plaisirs inavouables : La grande vadrouille ; Cul et chemise
2- Classique ennuyeux : Persona d'Ingmar Bergman ; Dieu est mort de John Ford
3- Adoré à l'adolescence puis abandonné : Le train sifflera trois fois (Zinnemann)
4- Chef d'oeuvre méconnu : Tire encore si tu peux de Giulio Questi ; Always de Steven Spielberg ; Le reveil de la sorcière rouge d'Edward Ludwig.
5- Navet génial : Le 6e continent de Kevin Connor
6- Film détestable : La chinoise de Jean-Luc Godard ; Irréversible et l'oeuvre complète de Gaspard Noé ; les films avec Sophie Marceau.
7- Pleurer à chaque fois : L'étreinte finale dans La prisonnière du désert de John Ford ; La mort de Sean dans Il était une fois la révolution de Sergio Léone ; le départ du village dans La horde sauvage de Sam Peckinpah ; Voyage à deux de Stanley Donen.
8- Mourir de rire à chaque fois : Le miroir dans Duck Soup (Léo McCarey) ; Birdie num-num dans The party de Blake Edwards ; Palombella rossa de Nanni Moretti ; tout Rio Bravo de Howard Hawks.
9- Etre émoustillé à chaque fois : Le décolleté de Claudia Cardinale chez Léone, les jambes de Catherine Deneuve, la voix de Jeanne Balibar, le regard de Marlène Dietrich...assez ! (Et Donna Reed aussi).
10- Cahiers du Cinéma, Positif ou ni l'un ni l'autre : Positif.
11- Cinéaste trop vanté : Lucio Fulci, David Lynch, Bernardo Bertolucci, Claude Zidi.
12- Sainte trinité : John Ford / Akira Kurosawa / François Truffaut.
13- Entrée en cinéphilie : La chevauchée fantastique de John Ford
Par Thomas
1- Plaisir inavouable : les films de Michael Bay, Blown Away de Stephen Hopkins, Mortal Kombat de Paul Anderson.
2- Classique ennuyeux : Le miroir, Andreï Roublev (Tarkovski)
3- Adoré à l'adolescence puis abandonné : Double impact de Sheldon Lettich
4- Chef d'oeuvre méconnu : Gozu de Takashi Miike.
5- Navet génial : Femme fatale de Brian De Palma, Streetfighter de Stevn E. De Souza
6- Film détestable : Inland Empire de David Lynch
7- Pleurer à chaque fois : Sur la route de Madison de Clint Eastwood, Le tombeau des lucioles de Isao Takahata
8- Mourir de rire à chaque fois : La cité de la peur, Les sous-doués, Fou(s) d'Irène, Jack Burton dans les griffes du mandarin, Astérix et Obélix : mission Cléopâtre
9- Etre émoustillé à chaque fois : Basic Instinct, Patsy Kensit dans L'arme fatale 2, la danse de Salma Hayek dans Une nuit en enfer, Monica Bellucci dans Le pacte des loups, Dina Meyer dans Starship Troopers, Deborah Unger dans Crash
10- Cahiers du Cinéma, Positif ou ni l'un ni l'autre : ni l'un ni l'autre. Plutôt Score, en fait.
11- Cinéaste trop vanté : Frédéric Schoenderffer, Baz Luhrmann.
12- Sainte trinité : John Carpenter/Takeshi Kitano/John Woo
13- Entrée en cinéphilie : Sonatine de Kitano pour le cinéma d'auteur, et Police story de Jackie Chan pour le cinéma de genre.
Par el pibe
(version intégrale, ici)
1- Plaisir inavouable : tous les films avec des histoires de fantômes
2- Classique ennuyeux : Eraserhead (Lynch), toute la Nouvelle Vague
3- Adoré à l'adolescence puis abandonné : Rocky IV (Stallone)
4- Chef d'oeuvre méconnu : Klute (Pakula)
5- Navet génial : Van Helsing (Sommers)
6- Film détestable : Tideland (Gilliam)
7- Pleurer à chaque fois : Hana Bi (Kitano), Rasta Rocket
8- Mourir de rire à chaque fois : Getting Any (Kitano), La cité de la peur, Bill Murray dans Sos Fantomes…
9- Etre émoustillé à chaque fois : Donnie Darko du début à la fin, 2001 avec la musique de Strauss, la voix off de La ligne rouge, plus généralement à chaque apparition de Shu Ki…
10- Cahiers du Cinéma, Positif ou ni l'un ni l'autre : Positif
11- Cinéaste trop vanté : Tarantino, Godard
12- Sainte trinité : Malick/Kitano/Kubrick ou alors Peckinpah/Kurosawa/Scorsese
13- Entrée en cinéphilie : La haine (Kassovitz), Hana Bi (Kitano)
Par Montalte (pêché chez Ludovic)
1- Plaisir inavouable : la saga Harry Potter.
2- Classiques ennuyeux : Kagemusha (Kurosawa), et hélas tous les Bogart-Bacall de la grande époque...
3- Adoré à l'adolescence puis abandonné : Orson Welles.
4- Chef d’œuvre méconnu : Le temps retrouvé (Ruiz).
5 - Navet génial : La passion du Christ (Gibson)
6- Films détestable : La repentie de Laetitia Masson ; Roselyne et les lions de Jean-Jacques Beinex ; Truands de Frédéric Schoendoerffer
7- Pleurer à chaque fois : Underground d'Emir Kusturica
8- Mourir de rire à chaque fois : Top secret (Zucker, Abrahams)
9- Etre émoustillé à chaque fois : Marylin Monroe dans Rivière sur retour, Ingrid Bergman, Bree van der Kamp
10- Cahiers du Cinéma, Positif ou ni l'un ni l'autre : Positif pendant longtemps.
11- Cinéaste trop vanté : Fassbinder.
12- Sainte trinité : Kubrick/Fellini/Guitry
13- Entrée en cinéphilie : Le messager de Joseph Losey
Par S; du aaablog (pêché chez Vincent)
1- Plaisir inavouable : Une fascination déviante pour Tom Cruise. Une autre pour Ridley Scott
2- Classique ennuyeux : E.T. (Spielberg), Orange Mécanique (Kubrick).
3- Adoré à l'adolescence puis abandonné : Cahier du cinéma et Positif.
4- Chef d'oeuvre méconnu : Memories of Murder de Bong Joon-ho et Taste of Tea.
5- Navet génial : Conan le Barbare
6- Films détestables : Blueberry de Kounen
7- Pleurer à chaque fois : Beignets de Tomates vertes (Avnet), les choses de la vie (Sautet), Ice Storm (Lee).
8- Mourir de rire à chaque fois : Catwoman de Pitoff
9- Etre émoustillé à chaque fois : Romy Schneider dans Les Choses de la vie comme dans le reste, Aly McGraw dans la décharge et même Michelle Pfeiffer en Catwoman...
10- Cahiers du Cinéma, Positif ou ni l'un ni l'autre : plouf, plouf, une vache qui pisse...
11- Cinéastes trop vantés : Tarentino/Burton/Kubrick/Kar-Wai
12- Sainte trinité : Peckinpah/Welles/Kurosawa
13-Entrée en cinéphilie : Blade Runner de Scott, L'Empire contre attaque de Lucas (1986)
Par coinducinephage
(version intégrale, ici)
1- Plaisir inavouable : C’est arrivé à 36 chandelles (Henri Diamant-Berger), Les Duraton (André Berthomieu)
2- Classique ennuyeux : Mort à Venise (Visconti).
3- Adoré à l'adolescence puis abandonné : Les films de Brian de Palma (Pulsions, Blow out)
4- Chef d'oeuvre méconnu : Mollenard de Robert Siodmak, Toni de Jean Renoir, Wanda de Barbara Loden, L'année des 13 lunes de Rainer Werner Fassbinder.
5- Navet génial : Les gorilles de Jean Girault, Oh, que mambo de John Berry, Le défroqué de Léo Joannon
6- Films détestables : Apocalypto (Mel Gibson), L'expérience interdite (Joel Schumacher), Le vieux fusil (Robert Enrico)
7- Pleurer à chaque fois : L’incompris (Luigi Comencini), Mar adentro (Alejandro Amenabar)
8- Mourir de rire à chaque fois : The party de Blake Edwards, Les frères Marx, Les Monty Pythons, les "screwball comedy" en général, des années 40-50, No sex last night de Sophie Calle, Arielle Dombasle dans L'arbre, le maire et la médiathéque (Éric Rohmer).
9- Etre émoustillé à chaque fois : Les films où l’on retrouve Claudia Cardinale
10- Cahiers du Cinéma, Positif ou ni l'un ni l'autre : Je trouve ces deux revues complémentaires. Je serais plutôt "Revue du cinéma".
11- Cinéastes trop vantés : Paul Greengrass, Joel Schumacher, Michael Bay, Paul Schrader, Luc Besson
12- Sainte trinité : Alain Resnais / Luis Buñuel / Jean Eustache
13-Entrée en cinéphilie : Le charme discret de la bourgeoisie (Bunuel), La nuit du chasseur (Laughton)
Par Neil et ses amis
L'Ours d'or berlinois de cette année est une chronique paysanne et sentimentale filmée dans les steppes mongoles. Wang Quan'an rend compte des efforts que doit fournir Tuya dans ce paysage rude pour subvenir aux besoins de sa famille à la place de son mari handicapé après un accident. N'en pouvant plus, la jeune femme décide de chercher un nouvel homme pour son foyer, mais en lui faisant accepter de s'occuper aussi de l'ancien époux.
Un McCarey à la réputation plutôt bonne qui s'avère assez mauvais, chose surprenante pour un cinéaste d'habitude brillant. Dès le début, pourtant axé sur la comédie, le réalisateur semble peu en forme (et c'est pourtant le meilleur moment du film) et laisse Cary Grant et Ginger Rogers en roue libre dans un registre clownesque. Les gags ne volent pas bien haut (au niveau des fesses surtout) en comparaison avec Cette sacrée vérité par exemple où McCarey (et Grant) excellait dans le registre du comique engendré par la gêne perpétuelle des personnages. La comédie laisse parfois la place au mélo et au film noir, ce qui donne un rythme informe à une oeuvre trop longue (1h55) et rend les rebondissements, ainsi traités de façon très sérieuse, proprement ahurissants. Car l'angle sous lequel est vu la seconde guerre mondiale est très réducteur (même si cela a donné par ailleurs de grandes réussites), c'est celui de l'espionnage. Le plus incroyable des retournements de situations qui jalonnent le périple européen du couple star est la réapparition dans un grand hôtel parisien de la femme de chambre juive que Rogers avait sauvée de Pologne, trois ans avant. Mépris pour la vraisemblance et un patriotisme américain plaqué n'importe comment au gré d'un mauvais scénario (une seule scène intéressante de ce point de vue, basée sur les accents, les souvenirs, les expressions, pour démasquer une espionne se prétendant américaine) : déception est un faible mot. Et je n'aime pas Ginger Rogers (sauf dans Le danseur du dessus que j'ai déjà évoqué).
Avec les deux Election (vus en salles au printemps), To creuse son sillon et tente son Parrain à lui à travers l'histoire d'une lutte pour le pouvoir au sein d'un clan de la pègre hong-kongaise. Dans le premier volet, tout est enrobé d'obscurité, et ce dès les premières scènes de tractations entre les "oncles" en vue de l'élection du nouveau parrain, où les visages sont volontairement sous-éclairés. Un des règlements de comptes se fera l'après-midi dans un restaurant, mais le store sera tiré pour prendre au piège et pour faire le noir. L'exception arrive au dénouement, au cours de la partie de pêche. Ce brutal éclairage se fait alors aussi sur la personnalité de Lok, jusque là le personnage qui attirait la sympathie du spectateur face au chien fou Big D, mais dont on sentait bien qu'il était, lui aussi, capable des pires horreurs. Johnnie To connaît sa grammaire et montre donc, bien sûr, l'ambiguïté inhérente à ces récits de gangsters. Roi des scènes d'action, il innove constamment, sans en faire trop, d'où l'impression grisante de voir celles-ci filmées exactement comme il le faut. Dense et sec, Election 1 ne dévie pas de son propos : la lutte pour acquérir un pouvoir absolu et le néant qui en découle.
Si Election 2 me déçoit quelque peu, c'est que le style ne varie guère et que les personnages ne sont pas spécialement approfondis (alors que de ce côté-là, la deuxième partie du Parrain, c'est quand même quelque chose...). Passant sur les deux ans du mandat de Lok, qui nous auraient bien intéressés, Johnnie To concentre son récit sur la nouvelle élection et reproduit son schéma des règlements de comptes entre candidats. Les ramifications du scénario sont moins complexes (moins de protagonistes entrent en jeu) et les affrontements sont plus systématiques (mais on n'oublie pas la scène dans le chenil). Une dimension politique est ajoutée en traitant des rapports avec la Chine, qui semble in fine tirer toutes les ficelles. Le diptyque (provisoire ?) se clôt toujours plus sombre (nous sommes passé d'une partition plutôt pop à une musique lancinante) et plus violent.
Master and commander retrace la course poursuite, pendant les guerres napoléoniennes, entre le commandant d'un vaisseau anglais et un corsaire français. J'avoue être sorti lessivé par les embruns, les tempêtes et les abordages. Le genre des aventures maritimes est certes modernisé mais Weir nous inflige toujours les ordres incompréhensibles criés d'un bout à l'autre du bateau toutes les cinq minutes, les réflexions sur le code de l'honneur et le sens du devoir. Septembre 2001 est tout proche, il faut donc aussi faire passer des allusions aux temps difficiles que traverse l'Amérique et à la nécessité de se serrer les coudes. Peter Weir sait mettre en images mais chaque scène doit absolument faire ressentir au spectateur une émotion au premier degré, tout doit être parlant. Cela simplifie grandement les problèmes psychologiques (Le cinéaste se retrouve bien loin de l'inquiétude de Picnic à Hanging Rock, voire même de ses films des années 80 avec Harrison Ford).
Oeuvre inclassable du début du parlant, Zoo in Budapest est signée par R.V. Lee, cinéaste peu connu si ce n'est pour ce film (et un Son of Frankenstein de la même époque). C'est manifestement l'un des films préférés de Patrick Brion qui l'a présenté plusieurs fois au Cinéma de minuit. Plusieurs registres sont parcourus : la comédie, le conte, le merveilleux, la romance, le tout dans une atmosphère est-européenne souvent rencontrée dans le cinéma hollywoodien des années 30 (mais de Budapest, nous ne verrons que les lumières de la ville, l'action se limitant à l'intérieur du zoo, de façon à accentuer la sensation de fantastique).
Bienvenue dans le riant pays autrichien. Je connaissais la radicalité et la noirceur du cinéma de Michael Haneke. Je ne me doutais pas que cette sombre vision était si partagée par ses compatriotes. En 2001, Lovely Rita de Jessica Hausner suivait la route tracée par l'auteur du toujours dérangeant Funny games. Malheureusement, la description désespérée de la société n'était portée que par un réalisme glauque, une image d'une laideur absolue et un scénario gardant forcement pour la fin l'explosion attendue (et le regard caméra de l'héroïne au dernier plan, au cas où nous n'aurions pas compris la gravité de la situation). La même année, Ulrich Seidl, documentariste aguerri proposait sa première fiction Dog days (oui, apparemment, un film autrichien doit être distribué en France avec un titre anglais).
Séance de rattrapage pour un opus mineur mais plaisant des frères Coen. Chassé-croisé amoureux entre Miles (George Clooney), avocat à succés et Marylin (Caterine Zeta-Jones), croqueuse d'hommes riches, le film s'inscrit dans la lignée des comédies romantiques. Les deux frangins ont souvent parsemé leurs films d'hommages aux classiques hollywoodiens des années 30-40, de façon plus ou moins marquée (par exemple dans Le grand saut). Ici, le sujet permet de convoquer les figures des comédies du remariage de Sturges, Hawks ou Capra. Ce dernier est le plus explicitement évoqué lorsque Miles, qui doit faire un discours très attendu devant ses collègues avocats, se lance de façon totalement improvisée dans un plaidoyer pour la tolérance, l'écoute des clients et l'amour. Sans la réminiscence des discours de James Stewart chez Capra, la scène paraîtrait un peu trop facile, mais nous savons bien que nous sommes chez les Coen et qu'un gros grain de sable viendra bientôt gripper la machine à consensus. Ces références restent toutefois très indirectes, contrairement au cinéma de Tarantino.
Dans La question humaine, Nicolas Klotz rapproche le monde des grandes entreprises actuelles du système d'extermination des juifs mis en place par les nazis. Forcément, dis comme cela (et c'est ce que retiennent les lecteurs de journaux ou les auditeurs qui ont entendu parler du film, moi y compris), ça fait bizarre. Heureusement, l'oeuvre est bien plus subtile que ne le laisse entendre cette accroche. Elle est surtout ambitieuse, à la fois sur le plan moral et sur le plan esthétique, ce qui devient rare au sein du cinéma français actuel où l'on a l'impression que seuls les anciens (Resnais, Rivette, Rohmer...) parviennent à concilier liberté dans le choix des sujets et affirmation d'une mise en scène personnelle. Décrire un monde qui ne soit pas exactement le nôtre tout en lui conférant une épaisseur suffisamment réaliste, faire preuve de rigueur dans la construction sans ennuyer, alterner le chaud et le froid, inscrire un discours à travers une trajectoire personnelle plutôt qu'un message surplombant le tout : voilà le programme.
La vision de plusieurs clips de Sonic Youth mettent en évidence la proximité de leur travail avec celui du cinéaste Larry Clark. A ma connaissance, celui-ci n'en a jamais réalisé directement pour eux. Mais dans cette optique, l'une des vidéos les plus troublantes du groupe est celle de Sunday, morceau datant de 1998. Le réalisateur en est Harmony Korine, cinéaste ayant signé deux ou trois longs-métrages que je n'ai pas vu (Gummo, Julian Donkey Boy...) et scénariste de Kids et de Ken Park, tous deux de Larry Clark. Composé essentiellement de plans rapprochés filmés au ralenti du jeune acteur Macauley Culkin, le clip fait irrésistiblement penser aux portraits photographiques de Clark. Ce rapprochement entre le groupe et le cinéaste n'est pas juste le résultat d'un hommage à travers une vidéo unique. Depuis leurs débuts dans les années 80, Sonic Youth aime à se faire filmer au milieu de son public. Chaque vidéo voit le groupe jouer, dans des endroits plus ou moins réalistes, mais toujours au contact de jeunes gens. Ces jeunes ne sont pas utilisés comme simple figurants, mais sont parfois suivis dans des mini-intrigues et toujours filmés de façon honnête et sans aucune niaiserie ou condescendance. C'est ce regard à hauteur d'ado, si inhabituel, que Sonic Youth partage avec le cinéma de Larry Clark.