(Lucrecia Martel / Argentine - France - Espagne / 2001)
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Premier film de Lucrecia Martel, La Ciénaga est une chronique familiale grinçante, tendre et terrible à la fois. Dès les premiers plans sont dévoilés les corps avachis du couple formé par Mecha et Gregorio et de ceux de leurs invités, corps titubant sous les effets de l'alcool, affligés par la moiteur et comme paralysés sous le poids de leur classe. Quand Mecha tombe et se coupe avec son verre, personne ne lève le petit doigt et chacun attend que la domestique vienne faire son travail. Inertes, les propriétaires de cette maison ne savent que se traîner de la piscine à l'eau croupie jusqu'à leur lit, cela en médisant constamment sur leurs bonnes et les Indiens en général, ces "barbares".
Du côté des adolescents, tout espoir n'est pas perdu mais la sclérose guette (au final, les deux filles prendront place sur les transats). Si leur circulation à l'intérieur de la maison se fait également, essentiellement, d'un lit à l'autre, au moins, les échanges avec l'extérieur sont plus soutenus. Ce sont d'ailleurs eux qui sont chargés de faire le lien, conduisant la voiture à la place des parents, alors qu'ils n'ont pas l'âge de le faire. Le jeune Joaquin, trop conditionné, peut lâcher quelques remarques méprisantes envers les jeunes du villages au retour de la pêche, mais il n'empêche qu'il les côtoie sans heurt au cours d'une activité "égalitaire". Momi, elle, suit Isabel, la jeune domestique jusque dans ses escapades amoureuses. Le désir est la principale raison de son ouverture aux autres. On le voit, le faible espoir encore véhiculé par les personnages d'adolescents n'a rien d'angélique.
Sans doute faut-il se tourner vers les enfants pour trouver une pulsion plus optimiste, bien que l'enfance ne soit pas non plus un long fleuve tranquille et charrie son lot de terreurs. Est-il raisonnable de laisser les plus jeunes s'amuser à chasser dans la fôret, armés de fusils ? Une dent poussant anormalement et une légende horrifique de rat d'Afrique dévorant les chats suffit à faire basculer l'un des gamins dans une dimension inquiétante. C'est en fait tout le récit qui baigne dans une ambiance fantastique. L'architecture de la maison principale semble fuyante, le spectateur ayant du mal à visualiser l'emplacement exact des pièces. Le moindre détail peut être porteur de menace : l'évocation d'un dangereux voyage en Bolivie, l'interdiction de grimper à une échelle. Distiller l'angoisse : la plupart du temps, la bande-son s'enquiert de la tâche. Les tirs entendus au loin, la télévision vidant son discours pseudo-religieux, le téléphone n'arrêtant pas de sonner, les cris d'enfants joueurs et les aboiements des chiens tissent une trame sonore oppressante. C'est ainsi et en s'appuyant sur le travail de la lumière, sur l'agitation et le surgissement dans le décor de nombreux protagonistes, que Lucrecia Martel charge d'énergie tous ses plans.
Imposée dès le début, la présence des corps ne cesse de s'affirmer. Ils sont porteurs de stigmates de plus en plus nombreux : une poitrine lacérée, un nez cassé, une dent gênante, un oeil ayant perdu sa vision. Ils sont également objets du désir mais ce qui frappe, c'est le parfum incestueux se dégageant de ces rapports. La communauté est une source de vie et un soutien mais, dans le même temps, peut entraîner vers l'autarcie. Les liens, y compris ceux non-familiaux, sont si forts et tous ces nombreux protagonistes se connaissent si bien que l'attirance incestueuse semble ne pas concerner uniquement le frère et la soeur mais tous les personnages. Malgré un dénouement glaçant, la vitalité parcourant La Ciénaga repousse l'abattement mais la métaphore sur la société argentine inquiète sérieusement.
Un "sang mêlé" nommé Keoma revient dans sa région après avoir servi sous l'uniforme nordiste pendant la guerre de sécession. Son père, grande gâchette, est devenu simple fermier et ses trois demi-frères, qui ne l'ont jamais considéré comme l'un des leurs, sont passés sous les ordres du puissant propriétaire Caldwell. Ce dernier profite d'une épidémie de peste pour maintenir sous sa coupe la population du village.
Redacted se présente comme un assemblage de documents militaires, amateurs ou télévisuels, tous liés, de près ou de loin, au viol d'une Irakienne et à l'assassinat de sa famille par deux soldats américains, faits qui se seraient déroulés courant 2006.

Le voyage du titre français est celui qu'entame une douzaine de membres d'une famille de Buenos Aires, sous l'impulsion de l'arrière-grand-mère Emilia, afin de rallier en camping-car Misiones, au nord-est du pays, là où doit se dérouler le mariage d'une petite nièce. Le récit n'est constitué que de ce périple de plus de mille kilomètres, au cours duquel la chaleur écrasante et les ennuis mécaniques vont vite révéler les tensions familiales.
Ismora est un escroc génial qui par son art du travestissement réalise une série de vols spectaculaires. Il se trouve qu'il a un sosie parfait, Mr Dupon, paisible représentant de commerce. Il met la main sur ce dernier et le manipule de façon à ce qu'il accepte de jouer son double dans le beau monde, ce subterfuge fournissant un alibi imparable pendant qu'il commet ses forfaits.
















Au rayon "Classiques du nonsense", une moins bonne pioche que celle du
Jugez-en plutôt : en cette rentrée 84, débarquent sur les écrans L'affamée du plaisir (Sam Corey), Assistantes sexuelles (Philip Drexler Jr.), Commando spécial pour sodomisations (Jacques Courtenay), Les cuisses en l'air (Tony Reed), Demoiselles à prendre par derrière (Jeremy Silver), Initiation pour une pucelle (Oliver Mato), Journal intime d'une nymphomane (Gérard Kikoine), Les orgies du Comte Porno (Joanna Morgan), Partouzes spéciales pour lesbiennes (Jacques Courtenay), Petites mains à tout faire (Léon Gucci), Sensual progression (Joanna Morgan encore) et Rosalie ou la débauche d'une adolescence (Michel Leblanc, avec, humm..., Olinka).
Quelques mois seulement après La vie est un roman (l'un des deux seuls films du réalisateur de Marienbad qui me laisse de marbre), un nouveau Resnais s'offrait à nous : L'amour à mort. Souvenir d'un beau film de chambre douloureux, intense et cependant moins ancré dans la mémoire que Mon oncle d'amérique ou Mélo. Autre grand nom au programme, celui de John Huston. Au-dessous du volcan, découvert quelques années après sa sortie, m'avait plutôt secoué avant qu'une
La grande affaire du mois, c'était le retour de l'homme au fouet et au chapeau. Indiana Jones et le temple maudit (Steven Spielberg) comblait l'ado peu regardant, tout en lui faisant sentir que quelque chose clochait (un peu long ce rituel sanglant, non ?). Peu de temps après, ce petit quelque chose se transformait dans notre esprit en gros ratage et renvoyait cet épisode six pieds sous terre en comparaison des volets 1 et 3. Avec Les Ripoux, Claude Zidi, qui sortait quand même, il faut le rappeler, des Sous-doués en vacances et de Banzaï, surprenait tout son monde en filmant avec une verve inattendue les magouilles de flics de Noiret et Lhermitte. Résultat : un triomphe au box-office. Vus également : Le meilleur de Barry Levinson, ou Robert Redford au pays du baseball, et Le moment de vérité (The Karaté Kid en VO) d'un John G. Avildsen en manque de Rocky, avec Ralph Macchio et Noriyuki "Pat" Morita (comment qu't'as la chair de poule à la fin quand Ralph y'fait le coup d'la cigogne avec sa jambe cassée !).
Autres titres du mois, plus ou moins attirants : Le Tartuffe première réalisation de Gérard Depardieu, Souvenirs souvenirs d'Ariel Zeïtoun avec les yéyés Christophe Malavoy et Pierre-Loup Rajot, Journal intime, film politique hongrois de la réputée Marta Meszaros, Jazz band de Karen Chakhnazarov (du jazz dans la Russie des années 20), La garce, étrange projet de Christine Pascal, avec Isabelle Huppert et Richard Berry, L'intrus d'Irène Jouannet avec Marie Dubois et Richard Anconina, Le voyage (de l'espionnage exotique par Michel Andrieu), Anou Banou, les filles de l'utopie (d'Edna Politi, documentaire sur l'histoire d'Israël vue par les femmes). Notons également que Carole Laure Stress (Jean-Louis Bertuccelli), que Sandrine Bonnaire Tir à vue (Marc Angelo) et que Miou-Miou et Souchon prennent Le vol du Sphinx (Laurent Ferrier). Enfin, n'oublions pas, outre les hong-kongueries habituelles (Ceinture rouge contre dragon blanc de Chen Hung Min, Les cinq foudroyants de Shaolin de Godfrey Ho, Les deux cavaliers de Shaolin de Yang Ching Chen et Les vengeurs du kung fu de Philip Chan), les improbables 2020 Texas gladiators (italien de Kevin Mancuso), L'homme coriace (blaxplotation de Cliff Roquemore), Pris au piège (de l'aventure dans la jungle, par Gus Trikonis), et l'alléchant Rock Zombies (ou plus précisément Hard Rock Zombies, titre original de ce film de Krishna Shah, qui semble basé sur une histoire pleine... de rock et de zombies).